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dimanche 17 mars 2013

Ah !!!?? Le Laos ce n’est pas que Dondet ??!!



        Après trois mois à m’encroûter chez Manisap (sans regrets cependant), il est temps de reprendre la route. Comme on pouvait l’imaginer mon séjour s’est finit en beauté. On a eu droit à une belle fête, avec invités, petite cérémonie du Bacile (d’où les bracelets, qu’on te donne pour la chance, parfois accompagnés d’un billet), prières, des écharpes à carreaux, pleins de bonnes choses et tout le tintouin. Bref fort en émotions, en embrassades et en « à l’année prochaine ». J’ai tellement traîné à partir que j’ai profité du départ de Sam pour trouver mon élan de motivation et comme on allait dans la même direction, et bien on en a profité pour faire route ensemble, Gaëlle, Sam et moi.
Notre première escale après une journée de Bus et de Santhéo, sera Takhek (le santhéo étant le bus local, un genre de tuk tuk géant où s’entassent laos, scooters, poules ou toute autre forme de cargaison). Takhek est une ville en bordure de Mékong et à proximité de la Thaïlande. Et bien que le Mékong soit bien large, cela n’empêche pas les habitants de subir pleinement l’influence Thaï. Les gens sont apprêtés, modernes, les jeunes sont branchés, après presque 3 mois avec les paysans, le choc est un peu rude !!! On pose donc nos bagages pour 2 jours, temps nécessaire pour se remettre de notre dépression post-Dondet.
La suite du programme, la grotte de Tong Lor, perdu au milieu des montagnes carstiques, la route pour y accéder vaut à elle seule le détour. Nous passons notre première nuit au village, le cadre est incroyable, des pics rocheux et des champs de tabac nous entourent, le village lui paraît un peu moins authentique. Des chalets flambant neufs, on a comme un goût de Savoie et placardés partout dans le village, des autocollants région Rhône-Alpes. On comprendra plus tard, en rencontrant l’équipe  en charge du réaménagement de la grotte, que la France finance en partie ce projet.
La grotte (plus un tunnel qu’une grotte d’ailleurs) est longue de 7 km, au milieu de laquelle coule une rivière et à l’autre extrémité wahou, deux petits shops et un terrain de pétanque, coin parfait pour faire une petite halte. Notre projet étant de faire une petite halte puis de marcher jusqu’à un autre village pour y dormir en homestay.
Malheureusement ou heureusement la pause s’est éternisée. On était bien à faire la causette avec les touristes et les laos, on était dans une pure fraternité franco-laotienne, alors forcément on a goûté à l’alcool local : du Lao lao !! Et c’est en charrette que nos futurs hôtes ont du venir nous chercher, car on était plus vraiment capables d’aligner les pas. Donc forcément quand on arrive chez les gens à la tombée de la nuit et un peu éméché de surcroit, ce ne sont pas les meilleures conditions pour faire connaissances, de plus nos hôtes ne semblent pas très demandeur de conversation. Je m’échappe rapidement pour explorer le village et tombe sur la bande d’enfants, mais à peine ai-je le temps de leur montrer les quelques mouvements d’un jeu, que l’on vient me chercher pour la dégustation du merveilleux dîner, qui a pour seul goût l’amer. Goût qui malheureusement nous suivra pour chaque repas pendant ces deux jours !!
Le lendemain on s’échappe à l’aube après un repas plein d’amertume et on file vers l’autre village, Natane. La rencontre s’avère plus chaleureuse et en attendant la soirée, on propose une balade. Les bronzés partent donc se promener dans les champs de tabac et la jungle, dans l’espoir de trouver je ne sais quoi, une rivière pour laver nos culottes, un coin de paradis, un chaudron d’or ?? Et les bronzés ont marché, ont joué les aventuriers, se sont vite perdu, ont presque paniqué, ont finalement rencontré quelques locaux sympathiques et sont rentré culottes sales en main, sans jamais avoir trouvé la rivière !!! Pour le reste de la journée, nos hôtes se sont effectivement avérés plus sympathiques que la veille, on a carrément eu droit à la compagnie du chef de village, et à une cérémonie du bacile avec poulet et riz dans la main !!


Pour la suite, on voulait rejoindre Lak Sao, sans revenir sur nos pas, facile !! Sur la carte, la route existe bien, et des santhéo font parfois le chemin, nous a-t-on dit, mais impossible de savoir quels jours, on a donc bien pesté contre l’organisation lao, mais une fois le bus trouvé, on a vite compris pourquoi le trajet n’est pas fait régulièrement. La route est en fait une piste creusée dans la jungle, et dans les montagnes tout aussi sauvage. Et c’est donc parti pour 8 h de santhéo à bouffer de la poussière, Ki foun en lao (ki = merde, foun = poudre), à passer dans des rivières, à s’arrêter dans chaque village pour prendre des livraisons, des compagnons de routes. 8h à sourire, à admirer le paysage, à flipper parfois, à presque mourir à d’autre moment, 8h à rebondir sur la banquette. Une fois à Nakaï, on trouve à peine le temps de se débarbouiller et d’avaler une soupe, qu’il faut repartir pour Lak Sao. Ce coup-ci, la route est moins pourrie mais le chauffeur un peu plus Fangio et le décor tout aussi hallucinant. Des plans d’eau à perte de vue, tous fournis d’arbre mort, (probablement du à la construction du barrage se dit-on), une route blanche, un décor superbe.
Après une brève escale à Lak Sao, on prend la route pour Phongsavan et ses volcans d’Auvergne, en ce qui concerne le dépaysement on repassera !! Phongsavan c’est l’Auvergne, des monts étrangement identiques à nos volcans, des nuages bien accrochés et bien bas et surtout une température avoisinant les 18 °C, hop prends des 20°C dans la gueule et chope ta pneumonie !!! (J’ai bien pensé à vous les psychomots, vous m’avez manqué pour les rouler-boulets) Bon à défaut de pneumonie, on s’est attrapée une bonne indigestion, en même temps quelle idée de manger des crevettes dans un pays où il n’y a pas la mer !!! Ce mauvais choix alimentaire a légèrement modifié notre fin de voyage, nous clouant à proximité de toilettes pour au moins une journée. C’est donc avec un peu de retard et des crampes intestinales qu’on arrive à Luang Prabang.
Jolie bourgade, beaux bâtiments coloniaux, un bout de Mékong paisible, des prix qui flambent mais une ville pas vraiment à l’image du reste du pays, et comme souvent à la ville, Béné le boulet refait surface !! Craquage de tongues à l’heure où toutes les boutiques sont fermées, mais surtout impossibilité de faire prolonger mon visa car je débarque un samedi (et que s’ils ont bien appris une chose des français, c’est le concept de week-end pour les fonctionnaires). Je finis par dire Bo peniang, je payerai les 10 dollars journée de dépassement et passes deux jours à me balader dans cette ville, aux recoins pas si désagréables et constate avec le sourire que la musique du vendeur de glace n’est autre que l’une de nos chansons paillardes les plus connue (reste du colonialisme ?? étrange ?!!).
Et c’est la larme à l’œil, que je monte dans le bus, avec tout plein d’autres touristes (on a d’ailleurs eu droit un énorme « Bêêêêêêêêêêê » de la part de jeunes laos lors de notre transfert en tuk tuk) pour rejoindre la frontière thailandaise.
Lakon Lakon, et surtout  pi na, kap ma !!

       

jeudi 28 février 2013

Bo peniang, pi na, ma dondet !! (pas de problème, l’année prochaine, viens à Dondet)



La fin de mon séjour à Dondet me fait réaliser qu’il y a un siècle que je n’ai pas pris la plume, pour décrire toutes ces petites choses qui sont devenues mon quotidien mais qui cependant ne manquent d’exotisme !! Voilà donc une liste non exhaustive de mes observations et anecdotes en milieu laotien.

            ♦ « Intégrer » une famille lao, ça veut dire faire une croix  sur la notion d’intimité. Je dors désormais dans la cuisine (haut lieu de passage et de vie laotienne), et partage les lieux avec Sam, trouver des moments de solitude est devenu un véritable !! Si l’on tente d’échapper à cette proximité, en installant un matelas dans le resto, dans les 5 minutes qui suivent, c’est toute la famille qui débarque, pour y dormir également !!! Par solidarité bien sûr !!
            Même au milieu de la journée, lorsqu’on s’imagine que tout le monde est occupé à une tâche, et que l’on décide de s’installer dans un lieu calme, c’est alors les enfants qui débarquent en masse et survoltés pour des longs show a cappella des meilleurs tubes Thaïs et Lao, sans oublier Gangman style, avec choré et voix nasillardes !!
            ♦ De plus, une fois qu’ils vous ont adopté, ils ne se contentent pas d’être à vos côtés en permanence, ils parviennent à vous perdre toutes notions de limites corporelles. Sam a régulièrement droit à des tapotes amicales et viriles sur le haut de la cuisse, quant à moi il n’est pas rare que je me retrouve avec les 4 femmes de la maison greffées sur mon corps. Mais Bo peniang, on y prendrait presque goût à tant de proximité !!


            ♦ Il est important de mettre en avant le côté très maternant voire autoritaire de la femme Lao. Evidemment on est traité comme des rois, et c’est plaisant, mais faire une tâche par soi-même est également devenu un combat. Pour l’exemple l’autre jour, telle Mary Ingalls, je prends la barque pour aller faire ma lessive dans un coin « propre » du Mékong (amis écolo ne vous offusquez pas). Donc faux mouvements lors du maniement de la barque et CRAC, je déchire mon pantalon à la fesse, déchirure d’usure, malheureusement irrécupérable !!! Chose difficile à faire entendre à Mama Khone, j’avais à peine enlevé mon pantalon éventré, que déjà la femme attentionnée s’empressait de le mettre dans un sac pour l’emmener chez la couturière. J’arrive in-extremis, informée de ses actes par Sam, récupère l’objet en lui répétant « Bo peniang, il est mort j’en trouverais un nouveau ». Mais la dame a plus d’un tour dans son sac, elle profite d’un moment d’inattention, pour gentiment partir m’acheter un joli jogging tout synthétique (raaaaaaa, au bout de deux mois, vous n’avez donc toujours pas compris quel genre de vêtement je porte !!). Je me retrouve dans un grand dilemme, comment lui expliquer, sans la vexer, que je préfère me balader en culotte plutôt que d’avoir à porter son jogging. Heureusement me voilà sauvée, après essayage (quand même), le jogging s’avère trop petit…. Ouf j’ai eu chaud !! Je répète « Bo peniang, J’irais, moi toute seule (en insistant sur cette notion) m’acheter un pantalon quand mon jean’s sera sec ». Mais l’enragée n’a pas dit son dernier mot !! A peine ai-je le dos tourné, qu’elle file pour se charger de la mission, et reviens tout sourire avec un sarong à l’esthétique discutable !! Difficile de lui dire en moins d’une heure « tu as vraiment des goûts de chiottes », me voilà donc au quotidien portant un sarong à fleurs, que je perds régulièrement car je n’ai toujours pas trouvé la technique pour l’attacher. Deux mois au Laos, ça vous change une personne. Néanmoins je les soupçonne d’avoir orchestré la déchirure du pantalon car cela fait plusieurs semaines qu’elles tentent de me faire porter un sarong.
            ♦ Vivre au Laos c’est s’apercevoir de l’absurdité des critères de beauté. Ici c’est « tu as un gros nez, oh c’est beau », « wahou comme ta peau est blanche, tu es belle », « oh dis donc tes jambes sont drôlement poilus, c’est beau », « tu es grosse, je peux toucher ?? j’aime les gros, c’est beau ». Alors je continue à manger, parce que c’est beau. En essayant d’oublier qu’au retour je vais vite déchanter !!
            ♦ Le Laos c’est aussi côtoyer des animaux mortels, au quotidien on a tendance à l’oublier, on déambule pieds nus, sourire aux lèvres, heureux !! Jusqu’au jour où, comme Sam, on met innocemment le pied sur un serpent mortel. L’essentiel dans ce genre de situation, c’est d’avoir de bons réflexes, une bonne détente et une voix qui porte pour appeler un lao à la rescousse !! et ainsi tout est bien qui finit bien.
            Dans mon cas, la rencontre avec l’animal dangereux mais pas mortel (respires maman !!), c’est faite une nuit, tête dans le brouillard, alors que j’allais évacuer la bière préalablement ingérée. J’étais tranquillement installée, en pleine méditation sur la vie, quand de mes petits yeux endormis j’aperçue l’animal. Le scorpion sans gêne, vautré sur son mur, en plus de violer mon intimité nocturne, avait l’audace de pointer sa queue vers moi. D’un coup bien réveillée, j’ai stoppé là mes rêveries et suis sortie sans prendre le temps de faire connaissance. 


            ♦ L’arrivée de Raf et Maël (vive les psychomot) a donné un regain de festivités à nos hôtes lao. Autant vous dire que ces deux semaines ont été chargé en folklore des pique-nique, des balades, des mariages et des soirées improvisées. On a eu droit au pique nique version poisson grillé ou patchoum (fondu de poisson), avec grosse sono, micro et karaoké, du Francky Vincent pour nous les Falang (merci Alice, on est devenu fan) et les classiques pour les lao, autant vous dire que ça a groové dans les rizières !!
            La balade dans les cascades n’a pas été de tout repos, une petite marche sans chaussures sur des rochers chauds et coupants. Les lao galopent tel le bouquetin dans la vallée de la mort, en ce qui concerne les blancs, ça manque de fluidité, le pas est plus semblable à une mauvaise imitation du robot. Après 1h de marche, on arrive (les pieds en sang) au milieu des cascades, avec le soleil couchant, la vue est incroyable. Pendant qu’on profite du paysage et qu’on panse nos blessures, Mone et son pote aux gros sourcils partent récupéré les poissons dans les pièges en bambou. Le retour à la maison ne manque pas non plus d’originalité, moteur à fond dans les rapides, avec un homme à l’avant, rame en main, pour aider aux manœuvres, pas toujours efficace car à plusieurs reprises on finit dans des buissons. Mais pas de problème qu’est ce qu’on s’amuse !!!

Bref tant de petites choses, qui vous donnent envie de dire « l’année prochaine, viens à Dondet !! »

lundi 21 janvier 2013

Bonne année Dondet



On avait survécu sans trop de difficultés à la fin du monde, il était donc temps de se pencher sur la soirée du nouvel an. On était chargé d’organiser et vendre aux touristes, notre soirée Lao, avec au menu cochon au barbecue, cocktail laolao et musique pourrie. Pour réussir notre mission, on avait mis tous les atouts de notre côté : la guest-house était pleine de français (au moins 10 personnes seraient présentes, ouf), on avait imprimé des magnifiques tracts pour l’événement, et on avait délégué leur distribution à nos mignons petits autochtones, tout était parfait pour que les bénéfices soient au rendez-vous. C’était sans penser à la guest-house des tipis (oui, il y a des gens qui paient pour dormir dans des tipis en paille et pour se faire réveiller le matin par les buffles qui broutent leur logement) qui avait organisé une soirée plus attrayante, Dj et rhum, et sans penser aux amis Lao qui ont une bonne descente et un petit porte-monnaie.
            Ce dernier jour de 2012 s’annonçait donc chargé, car le lao ne se contente pas d’une soirée pour fêter la nouvelle année, la préparation du repas est une fête en soi. Comme le cochon pesait près de 100 kg, le début des réjouissances était prévu à 7h30 avec le meurtre de l’animal, dont les cris ont réveillé tout le voisinage.
            Une fois la bête tuée, on boit une rasade de laolao, bizarrement les voisins apparaissent au fur et à mesure que l’alcool coule. S’en suit le « dépoilage » du monstre à coup d’eau chaude et de lames de rasoir, puis on l’éventre (pour une cuisson plus rapide) et on l’accroche solidement à des pieux en bambou, fraîchement coupés. Tous les hommes s’affairent, torse nu et clope au bec, s’octroyant régulièrement une dose de leur alcool de riz, et nous, on observe, hallucinés, leur efficacité et on se joint avec plaisir aux pauses alcoolisées, après 3-4 verres, on a le droit à des très enjoués « Bravo, vous êtes désormais des Lao de Dondet » (tu m’étonnes !! il doit être 9h).

            Mon statut de femme touriste (et désormais de Lao de Dondet) me donne la possibilité de glisser aisément d’un groupe à l’autre. Je quitte donc les hommes pour rejoindre les femmes en cuisine, où la musique est à son maximum de saturation et où la bière coule déjà à flot. Mama Louam (la voisine) est une grande amatrice de bière et de danse matinale, c’est donc parti pour une longue session beerdance en sa compagnie, pour le plus grand plaisir des passants, mais beaucoup moins pour celui des gens de la guest !! Une fois la Mama Louam fatiguée (en réalité j’étais la plus épuisée des deux, mais c’est mon récit !!), je repars fouiner chez les hommes, ils sont en pleine préparation de l’apéro-petit-déjeuner, les entrailles fraîchement sorties du cochon, qu’on plonge dans l’eau bouillante et qu’on grignotte naturellement en attendant le plat. Il arrive enfin ; toujours les entrailles, mais ce coup-ci, servies dans un bol de sang encore tiède, mêlées à de la menthe et des épices. Tous assis en tailleur autour du plat, on déguste ce met étrangement  raffiné et succulent (quand on parvient, bien sur, à faire abstraction du fait qu’il est 10h du matin et que c’est du sang qui coule sur vos doigts). Après une dernière session danse, on finit par s’octroyer une pause, sans laolao ce coup-ci, petite sieste et combat de coq. On enfourche nos bicyclettes, et partons à la recherche du combat, pas évident à trouver, encore une excuse pour s’arrêter et prendre une petite bière. On finalement eu raison de ne pas trop se presser, le combat n’est pas des plus passionnant. Deux poulets déplumés à force de combats, déposés dans une petite arène, se tiennent enlacés par le cou, jusqu’à ce que le premier finisse par déployer ses ailes et donner le premier coup de pattes, l’autre riposte alors en glissant sa tête sous l’aile de son adversaire pour venir lui picorer l’aisselle, on retrouve quelques similitudes avec la boxe Thaï !!
            Après cet interlude animalier, chacun part se préparer pour la fête, sans miroir, les préparatifs sont rapides et assez sommaires !! Une fois mon plus beau pantalon déteint et mon plus joli tee-shirt déformé enfilés, je file grignoter dans la cuisine, où les lao décortiquent le cochon, hum c’est bon !! j’ai du gras qui coule jusque sur les coudes. Il est ensuite temps de se resocialise, je vais donc rejoindre les français sagement installés au resto, pendant que dans leur coin les amis lao commencent la fête sur les chapeaux de roue. Il faudra un certain temps pour que le groupe se déride et rejoigne les laos saoules et déchaînés. Mama Louam est déjà couchée, c’est Mama Laï qui prend le relais, et nous gratifie tous de baiser à la lao (j’approche ma bouche de ta joue et je souffle par le nez), sensation un peu curieuse la première fois !!
            Je suis ensuite réquisitionnée pour tenir compagnie à la police dans la cuisine. Mes charmes n’ont visiblement pas suffit à leur faire perdre la tête !! Ils n’ont pas oublié de réclamer l’argent pour le dépassement d’horaire après s’être allègrement servi dans la bouffe et dans la bière (il fait bon être policier au Laos) !!
            Bilan de la soirée : on était loin des 30 touristes espérés, on a bien bu, enfin surtout les lao, le cochon était très bon, la soirée sympathique et le déficit grandissime !!!
Bo peniang et sabaïdi pimay !!

dimanche 13 janvier 2013

Joyeux moisiversaire



            Les travaux sont finis, contrairement à ce qu’on aurait pu croire le rendu n’est pas si mal ; si on fait abstraction des coulures, traces de doigts et des variations de rouge.
            On retrouve doucement le rythme lao, que j’avais gardé à l’esprit, manger, dormir, manger, boire, dormir. Mama Khone continue de nous gaver, je finis vraiment par croire qu’ils ont l’intention de nous manger !!
            Les premiers touristes arrivent, inaugure les bungalows, premières fuites, premiers problèmes de communication. On s’installe dans une petite routine, avec Sam, on joue à la marchande, on compte les billets, prend les commandes, on joue les traducteurs, enfin surtout Sam, parce que moi à part leur apprendre des « oulala », des « oh didondidon » et « paï pipi » (aller faire pipi), mes connaissances en lao sont limitées.
            Noël approchant, les Falang arrivent en masse, la guest-house reste à 90% française, et ça squatte, ça joue à la belotte, ça fait des blagues chauvines, ça évoque avec envie les bons petits plats français, le fromage étant évidemment à l’honneur. Toute la bande de squatteurs est cordialement conviée à la sauterie pour ado, organisée à la « ville » sur le continent. Et comme toujours on n’est pas déçus. Petite balade de nuit sur le Mékong , grosse scène, sons saturés, chanteurs et danseurs ringards, boxe Lao, de la bière et toujours cette curieuse manière d’aborder le dance floor : tous en piste main sur le nez (parce que piétiner à 200 personnes dans une rizières ça fait pas mal de poussière) et hop quand la musique s’arrête, tout le monde court à sa place pour retourner danser 2 secondes plus tard. Et évidemment la bière appelle l’incontournable pause pipi à la lao au milieu d’une rizière. Khone avertit par mes soins, que nos vessies sont pleines, tape gentiment sur l’épaule de sa copine, qui illico sort un sarong de son sac à main imitation cuir, on s’écarte alors de la foule (10M) et on se prête avec le sourire « le sarong pour faire pipi pudiquement en toutes circonstances ».

            Et ainsi de suite, les jours passent, je deviens adepte de l’observation de volailles en milieu naturel, et je m’aperçois avec horreur que mon visa expire dans deux jours, Quoi ??!!! Déjà 1 mois !!! Je ne me sens pas vraiment prête à quitter les lieux, j’opte donc pour la virée de deux jours vers Paksé et la Thaïlande pour remettre à jour mes papiers, j’en profiterais pour faire quelques achats pour remercier la famille de leur accueil si chaleureux.
            La veille du départ, Di (l’adolescente de la famille) m’avoue qu’elle aimerait bien m’accompagner. Je dis « bo peniang » (celui là je le maîtrise bien !!), persuadée qu’il s’agissait encore d’une blague. J’ai vite déchanté en la voyant monter dans le bateau avec moi, toute apprêtée : sarong neuf, chaussettes montantes, haut rose à dentelles et visage tout talqué (comprendre maquillé), bref prête pour la grande ville !! Après tout pourquoi pas, deux jours à la ville avec une ado qui a vu 3 voitures dans sa vie, ça peut être amusant !! Et en effet, les passages de rue se sont avérés très drôles, Di toute stressée, courant les bras le long du corps !!
            Le trajet jusqu’à la frontière se déroule sans encombre, bus local de beaucoup d’autochtones, d’un scooter vaguement tenu par une cordelette qui tapote régulièrement 5 grosses bouteilles de gaz, je reste sereine, au pire le bus n’a pas de vitre, je serais donc vite éjectée !!
            Pour le retour sur Paksé, on se trouve un super covoiturage, c’est moins cher, génial !! Une voiture 6-7 places, clim, sièges confortables, le luxe. On est déjà 8 dans la voiture plus un bébé, pourquoi le chauffeur ne démarre pas ?? Ah ok, en fait on attendait 2 personnes de plus, et c’est partie pour 2h de route, à 11 personnes la clim est étrangement plus vraiment efficace !!
            Une fois arrivées, mon excellent sens de l’orientation reprend le dessus, pour le plus grand plaisir de Di et de ses chaussettes montantes en coton, on se perd et marchons pendant plus d’une heure en plein cagnard, le regard de Di devient de plus en plus agressif !!
On trouve finalement la guest-house miteuse, et après la douche, je propose une petite balade. Bizarrement Di est moyennement emballée, elle finit par céder mais à condition de trouver des vélos. Malheureusement pas des bicyclettes à l’horizon, Di traîne la patte, seul moyen de lui remonter le morale, une boutique de DVD, musique et série Thaï, me voilà replongée dans l’adolescence mais version Lao !!
            Le lendemain, mes tentatives de distractions ont plus de succès, visite d’un temple sur la montagne (je me fais racketter de 10 000 kips, mais c’est pour Bouddha alors on dit rien !!), séance shopping et wahou un escalator dans le marché !!!
            On rentre les bras chargés de cadeaux, bien contentes de retrouver le cocon de Dondet !!  Joyeux Moisiversaire au Laos.

samedi 15 décembre 2012

La fête matinale.


On est samedi, il est 6h, comme tous les jours, le coq a décidé de pousser la cantonade sous mon bungalow, pas de problème !! (ça fait deux semaines que ça dure, je suis désormais debout à 6h et couché à 22h.) Ces dames m’apportent mon pétrole matinal (un mélange de café très épais avec une bonne dose de lait concentré), mixture qui vous envoie directement aux toilettes, et sans avoir eu le temps de dire ouf, une omelette aux légumes. La journée peut enfin commencer. Sam m’annonce qu’on est convié à un mariage, à peine le temps de prendre une douche qu’on doit déjà embarqué, début des festivités prévu à 8h. Et hop en avant pour la balade sur le Mékong, avec assis à la queue leuleu, Dét, le chef du village, les deux falangs, mamie Bettel et Papa Lam à la barre. Avec les courants et la bonne étanchéité du bateau, on arrive tous trempés !!
Il doit être 9h (impossible de savoir, tous les hommes de la noce ont mis leur montre plaqué or mais aucune ne marchent !), et on est invité dans un cercle d’homme, tous assis en tailleur, le verre de bière, à boire cul-sec, arrive par la droite et celui de laolao par la gauche. Certains convives sont déjà bien éméchés et tentent de baragouiner en anglais, les mamies nous observent du coin de l’embrasure de la porte, les plats arrivent en masse, je sais plus où donner de la tête !! Le pork, le bœuf, des herbes, il y en a partout !! « Merci j’ai pas faim, j’ai englouti une omelette ya 1h » Bo Peniang j’ai pas vraiment le choix, on me glisse la nourriture dans la main.
            Et ça papote et ça boit, j’ai 50 prétendants cinquantenaires et alcooliques, tous me parlent en lao, je hoche la tête poliment, le laolao commence à faire effet, « mais il est quelle heure ?? Mais où sont les femmes pendant ce temps ?? »
On a perdu Mamie d’entrée de jeu, elle a été assignée au riz avec ses copines et sa dose de Bettel, elle est aux anges !! Les femmes de moins de 60 ans ?? y en a pas ??
D’un coup elles débarquent pour une brève apparition, au milieu des rizières, arrivant d’on ne sait où, entourant la mariée. Une jeune femme de 26 ans, nous dit-on, qui en paraît 16 comme toujours, fraîche et pimpante, toute en perles et en dorure, un chignon « pièce monté » posé sur la tête.
Elles disparaissent à nouveau, dans la maison ce coup-ci, et nous on continue sur la même lancé. Au Laos, le principe est simple, si tu as envie de boire, tu débarques dans un groupe avec une bouteille et tout le monde y passe. Pas trop moyen d’y échapper. Le problème c’est qu’il y a beaucoup d’alcoolique ambulant, bouteille en main !! Autant dire qu’à 12h, la joie de vivre se faisait bien ressentir, et Papa Lam pris par une fière de la danse, nous tire sur la piste, le problème c’est que personne ne danse !! « Bo peniang » quelques volontaires sont tirés dans la foule, posé en ligne face à face et c’est parti ça groove à fond sur la voix aigüe et stridente du chanteur !!
Et chacun son tour, on tente de se défiler, ou encore d’échapper à un bourré postillonneur. Bref il est 13h, la fête bat son plein, ça commence à être dur, tout le monde vide la moitié de son verre sur le sol. Il est temps de partir, un verre de plus et on va finir échouer au milieu du Mékong. Le reste de la journée : on va le passer à dormir !! Bienvenu au Laos.

Histoire d’eau !


Les Lao et le Mékong c’est toute une histoire, ça en ferait pâlir plus d’un. Quand on arrive ici, pas le choix, on dit bye bye à tous les conseils sanitaires. Le Mékong sert à tout et tout le temps, et sur l’île pas moyen de faire des chichis, on est tous logé à la même enseigne. Oui, oui, c’est cette eau marron, dégueu qui sent la vase, qui sort des robinets et qui sert à vous laver le tutu et le visage. Elle a toujours la même odeur et la même couleur quand elle sert à faire cuire votre riz ou comme eau pour votre café ou votre soupe. On retrouve même ce goût dans la chair du poisson qu’ils vous servent à toutes les sauces. Et oui, le Mékong qui a déjà traversé 3 ou 4 pays, sert pour la gastronomie et pourtant il n’est pas rare d’y voir flotter une poubelle, un sac plastique ou une serviette hygiénique !!
            Mais personne ici ne s’en offusque, et les enfants continuent à s’y baigner, à y passer la moitié de leur journée. Ils adorent toujours autant s’étaler le sable sur les bras et le visage, se mettre sur la tête, ces grosses algues vertes et dégueulasses. Et ils vous regardent tout sourire en vous demandant si c’est beau ?!! Et vous, obligé de ravaler votre tête de dégoût et de vous prendre au jeu !!
Ah !! La vie au bord du Mékong, tout un poème !!


Séance bricolage à la Lao.


En terme de gros œuvres, ils sont impressionnants de savoir faire et d’efficacité. Papa Lam, fin charpentier, travaille toute la journée avec l’aide de Mi. En 3 jours, tout est monté, il ne reste plus que le parquet à poser. Avec peu d’outils (un marteau, une scie et un fil à plomb) et beaucoup d’expérience, il construit cette cahute avec une agilité incroyable, à presque 60 ans, il en paraît 20 lorsqu’il est perché sur sa charpente et utilise ses pieds comme une autre paire de mains.
Pendant que Mone et Paï s’affèrent à la création de salle de bain pour les bungalows. Carrelage, Béton, tuyauterie, tout est maîtrisé et souvent fait maison, même les lits et les fenêtres sont faits par Mone, maître dans le travail du bois. Tout le monde est réquisitionné, tantôt redresseur de clou, tantôt aide au coupage de bois, passeur de matériel pour les charpentiers, chacun court aisément sur les poutres avec deux lattes de bois sur les épaules. Difficile de trouver sa place quand on est blanc, incapable de planter un clou et qu’on a besoin d’un harnais pour marcher sur une poutre !! Alors on décharge les bateaux, et on joue avec les enfants, fabrication de corde à sauter en élastique, partie de volley avec le gros ballon (qui ne dura pas bien longtemps au milieu des clous), dessins, baignade dans le Mékong, recherche de
poux sur les têtes.
Par contre, côté déco et finitions, on sent que c’est moins leur truc !! Ils ne s’embêtent pas avec le superficiel, la plupart des maisons sont bruts et sans mobilier. Alors quand il faut s’appliquer pour faire du beau pour les touristes, c’est une autre affaire, il y a du laisser-aller du côté des finitions !! (La dernière en date ; peindre la barrière à la tombée de la nuit, avec un néon au dessus, résultat ce matin, des milliers de moucherons sont collés sur la barrière, qui maintenant est sèche !!) Il faut dire que le matériel n’est pas des plus adapté, 3 pauvres pinceaux pourris à qui il manque la moitié des poils et un rouleau tout sec. On sent aussi le manque de logique dans la réalisation « ah tu poses les plaintes qu’on a pas fini de peindre ?!! Mais ça va faire des coulures non ?? ah ok bo peniang !! » et tout le monde met son petit grain sel, donc les barrières blanches sont mouchetés de petites traces de doigts rouge (merci Manisap). Bref vous l’aurez compris, les finitions prennent du temps et moi je m’installe !!

mercredi 12 décembre 2012

Dondet



Douze heures de trajet depuis Ubon, passage de frontière sans soucis, entourés de français, dont un couple de vieux qui arrive à se plaindre 30 min parce que les douaniers se sont pris une commission de 40 bath (Wahou c’est vrai qu’un euro, ça va changer ton voyage !!). Douze heures sur mon siège à me demander ce qui a pu changer en 1 an et demi. Heureusement une mamie Thaï et son petit-fils (fille, j’ai pas su trouver), me sortent de mes pensées avec des sourires et des Sawadi kaa, mais sous prétexte de m’avoir aidé à ouvrir mon sachet de mangue, ils s’avèreront un peu collant une fois sur l’île et pas évident de leur faire comprendre que je pars à l’autre bout de l’île et qu’ils ne peuvent pas m’accompagner.
            Une fois les Thaï abandonnés à leur sort, je monte sur la motobike de mister Sut, qui me parle de manisap Guest-house et de mister Sam. Hein ?? Quoi ?? Sam est sur l’île ?? Mais c’est quoi ce bordel ?!!
            J’arrive à Manisap, j’ai pas extrait mon gros derrière de la moto, que déjà des « Bini » et des sourires m’arrivent de tous les coins de la maison, avec l’impression de les avoir quittés la veille. J’ai pas posé le pied par terre, que déjà les femmes s’affèrent pour me préparer un bungalow, un peu poussiéreux, avec un matelas trop grand pour le lit mais neuf s’il vous plait !!! J’enlève mon sac et hop, on me glisse un verre de bière dans la main, c’est sur je ne me suis pas trompé d’endroit !! Sam, qui effectivement est arrivé deux jours plus tôt, me conte les 2 années passées et la saga Manisap.


Rien n’a vraiment changé, pas de buildings sur l’île, les routes sont toujours en terre et toutes défoncés. Du côté de Manisap, la famille est réconciliée, deux bungalows ont poussés et le restaurant a été embarqué par le Mékong un an plus tôt. La guest-house est en pleine reconstruction, il y a du bois partout et les enfants courent dans tous les sens.
Le dernier né (dont je n’ai toujours pas compris le nom), pour le coup a bien changé, il court le cul à l’air dans tous les sens, mort de rire et chouchouter par toute la famille. Manisap a la même frimousse, et n’a guère poussée, moins capricieuse et sacrément coquine, un vrai clown, toujours à amuser la galerie. Di prend de plus en plus son rôle de femme mais reste timide et en retrait.  Mi a pris un coup de vieux, il ne va plus à l’école et aide aux travaux comme un vrai petit homme. Det, fidèle à lui-même, il semble être le seul à n’avoir pas grandi, même tête, même énergie et toujours fourré dans le Mékong.
Il est 6h, réveillée par le coq, je me lève avec plaisir et profites des premiers rayons de soleil sur le Mékong, toutes ces îles sont magnifiques et tellement paisibles. Je m’assois et observe toute la famille qui est déjà bien active. Det râle toujours pour ne pas aller à l’école. Papa Lam et Mi installe déjà le bois pour le nouveau resto. Il est 6h, je me sors difficilement la tête du cul, quand eux s’affèrent déjà, ah il est là le décalage !!