Après trois mois à m’encroûter chez Manisap (sans regrets
cependant), il est temps de reprendre la route. Comme on pouvait l’imaginer mon
séjour s’est finit en beauté. On a eu droit à une belle fête, avec invités,
petite cérémonie du Bacile (d’où les bracelets, qu’on te donne pour la chance,
parfois accompagnés d’un billet), prières, des écharpes à carreaux, pleins de
bonnes choses et tout le tintouin. Bref fort en émotions, en embrassades et en « à
l’année prochaine ». J’ai tellement traîné à partir que j’ai profité du
départ de Sam pour trouver mon élan de motivation et comme on allait dans la
même direction, et bien on en a profité pour faire route ensemble, Gaëlle, Sam
et moi.
Notre première
escale après une journée de Bus et de Santhéo, sera Takhek (le santhéo étant le
bus local, un genre de tuk tuk géant où s’entassent laos, scooters, poules ou
toute autre forme de cargaison). Takhek est une ville en bordure de Mékong et à
proximité de la Thaïlande. Et bien que le Mékong soit bien large, cela
n’empêche pas les habitants de subir pleinement l’influence Thaï. Les gens sont
apprêtés, modernes, les jeunes sont branchés, après presque 3 mois avec les
paysans, le choc est un peu rude !!! On pose donc nos bagages pour 2
jours, temps nécessaire pour se remettre de notre dépression post-Dondet.
La suite du
programme, la grotte de Tong Lor, perdu au milieu des montagnes carstiques, la
route pour y accéder vaut à elle seule le détour. Nous passons notre première
nuit au village, le cadre est incroyable, des pics rocheux et des champs de
tabac nous entourent, le village lui paraît un peu moins authentique. Des
chalets flambant neufs, on a comme un goût de Savoie et placardés partout dans
le village, des autocollants région Rhône-Alpes. On comprendra plus tard, en
rencontrant l’équipe en charge du
réaménagement de la grotte, que la France finance en partie ce projet.
La grotte
(plus un tunnel qu’une grotte d’ailleurs) est longue de 7 km, au milieu de
laquelle coule une rivière et à l’autre extrémité wahou, deux petits shops et
un terrain de pétanque, coin parfait pour faire une petite halte. Notre projet
étant de faire une petite halte puis de marcher jusqu’à un autre village pour y
dormir en homestay.
Malheureusement
ou heureusement la pause s’est éternisée. On était bien à faire la causette
avec les touristes et les laos, on était dans une pure fraternité
franco-laotienne, alors forcément on a goûté à l’alcool local : du Lao
lao !! Et c’est en charrette que nos futurs hôtes ont du venir nous
chercher, car on était plus vraiment capables d’aligner les pas. Donc forcément
quand on arrive chez les gens à la tombée de la nuit et un peu éméché de
surcroit, ce ne sont pas les meilleures conditions pour faire connaissances, de
plus nos hôtes ne semblent pas très demandeur de conversation. Je m’échappe
rapidement pour explorer le village et tombe sur la bande d’enfants, mais à
peine ai-je le temps de leur montrer les quelques mouvements d’un jeu, que l’on
vient me chercher pour la dégustation du merveilleux dîner, qui a pour seul
goût l’amer. Goût qui malheureusement nous suivra pour chaque repas pendant ces
deux jours !!
Le lendemain
on s’échappe à l’aube après un repas plein d’amertume et on file vers l’autre
village, Natane. La rencontre s’avère plus chaleureuse et en attendant la soirée,
on propose une balade. Les bronzés partent donc se promener dans les champs de
tabac et la jungle, dans l’espoir de trouver je ne sais quoi, une rivière pour
laver nos culottes, un coin de paradis, un chaudron d’or ?? Et les bronzés
ont marché, ont joué les aventuriers, se sont vite perdu, ont presque paniqué,
ont finalement rencontré quelques locaux sympathiques et sont rentré culottes
sales en main, sans jamais avoir trouvé la rivière !!! Pour le reste de la
journée, nos hôtes se sont effectivement avérés plus sympathiques que la
veille, on a carrément eu droit à la compagnie du chef de village, et à une
cérémonie du bacile avec poulet et riz dans la main !!
Pour la suite,
on voulait rejoindre Lak Sao, sans revenir sur nos pas, facile !! Sur la
carte, la route existe bien, et des santhéo font parfois le chemin, nous a-t-on
dit, mais impossible de savoir quels jours, on a donc bien pesté contre
l’organisation lao, mais une fois le bus trouvé, on a vite compris pourquoi le
trajet n’est pas fait régulièrement. La route est en fait une piste creusée
dans la jungle, et dans les montagnes tout aussi sauvage. Et c’est donc parti
pour 8 h de santhéo à bouffer de la poussière, Ki foun en lao (ki = merde, foun
= poudre), à passer dans des rivières, à s’arrêter dans chaque village pour
prendre des livraisons, des compagnons de routes. 8h à sourire, à admirer le
paysage, à flipper parfois, à presque mourir à d’autre moment, 8h à rebondir
sur la banquette. Une fois à Nakaï, on trouve à peine le temps de se
débarbouiller et d’avaler une soupe, qu’il faut repartir pour Lak Sao. Ce
coup-ci, la route est moins pourrie mais le chauffeur un peu plus Fangio et le
décor tout aussi hallucinant. Des plans d’eau à perte de vue, tous fournis
d’arbre mort, (probablement du à la construction du barrage se dit-on), une
route blanche, un décor superbe.
Après une
brève escale à Lak Sao, on prend la route pour Phongsavan et ses volcans
d’Auvergne, en ce qui concerne le dépaysement on repassera !! Phongsavan
c’est l’Auvergne, des monts étrangement identiques à nos volcans, des nuages
bien accrochés et bien bas et surtout une température avoisinant les 18 °C, hop
prends des 20°C dans la gueule et chope ta pneumonie !!! (J’ai bien pensé
à vous les psychomots, vous m’avez manqué pour les rouler-boulets) Bon à défaut
de pneumonie, on s’est attrapée une bonne indigestion, en même temps quelle
idée de manger des crevettes dans un pays où il n’y a pas la mer !!! Ce
mauvais choix alimentaire a légèrement modifié notre fin de voyage, nous
clouant à proximité de toilettes pour au moins une journée. C’est donc avec un
peu de retard et des crampes intestinales qu’on arrive à Luang Prabang.
Jolie
bourgade, beaux bâtiments coloniaux, un bout de Mékong paisible, des prix qui flambent
mais une ville pas vraiment à l’image du reste du pays, et comme souvent à la
ville, Béné le boulet refait surface !! Craquage de tongues à l’heure où
toutes les boutiques sont fermées, mais surtout impossibilité de faire
prolonger mon visa car je débarque un samedi (et que s’ils ont bien appris une
chose des français, c’est le concept de week-end pour les fonctionnaires). Je
finis par dire Bo peniang, je payerai les 10 dollars journée de dépassement et
passes deux jours à me balader dans cette ville, aux recoins pas si désagréables et
constate avec le sourire que la musique du vendeur de glace n’est autre que
l’une de nos chansons paillardes les plus connue (reste du colonialisme ??
étrange ?!!).
Et c’est la
larme à l’œil, que je monte dans le bus, avec tout plein d’autres touristes (on
a d’ailleurs eu droit un énorme « Bêêêêêêêêêêê » de la part de jeunes
laos lors de notre transfert en tuk tuk) pour rejoindre la frontière
thailandaise.
Lakon Lakon,
et surtout pi na, kap ma !!
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