jeudi 28 février 2013

Bo peniang, pi na, ma dondet !! (pas de problème, l’année prochaine, viens à Dondet)



La fin de mon séjour à Dondet me fait réaliser qu’il y a un siècle que je n’ai pas pris la plume, pour décrire toutes ces petites choses qui sont devenues mon quotidien mais qui cependant ne manquent d’exotisme !! Voilà donc une liste non exhaustive de mes observations et anecdotes en milieu laotien.

            ♦ « Intégrer » une famille lao, ça veut dire faire une croix  sur la notion d’intimité. Je dors désormais dans la cuisine (haut lieu de passage et de vie laotienne), et partage les lieux avec Sam, trouver des moments de solitude est devenu un véritable !! Si l’on tente d’échapper à cette proximité, en installant un matelas dans le resto, dans les 5 minutes qui suivent, c’est toute la famille qui débarque, pour y dormir également !!! Par solidarité bien sûr !!
            Même au milieu de la journée, lorsqu’on s’imagine que tout le monde est occupé à une tâche, et que l’on décide de s’installer dans un lieu calme, c’est alors les enfants qui débarquent en masse et survoltés pour des longs show a cappella des meilleurs tubes Thaïs et Lao, sans oublier Gangman style, avec choré et voix nasillardes !!
            ♦ De plus, une fois qu’ils vous ont adopté, ils ne se contentent pas d’être à vos côtés en permanence, ils parviennent à vous perdre toutes notions de limites corporelles. Sam a régulièrement droit à des tapotes amicales et viriles sur le haut de la cuisse, quant à moi il n’est pas rare que je me retrouve avec les 4 femmes de la maison greffées sur mon corps. Mais Bo peniang, on y prendrait presque goût à tant de proximité !!


            ♦ Il est important de mettre en avant le côté très maternant voire autoritaire de la femme Lao. Evidemment on est traité comme des rois, et c’est plaisant, mais faire une tâche par soi-même est également devenu un combat. Pour l’exemple l’autre jour, telle Mary Ingalls, je prends la barque pour aller faire ma lessive dans un coin « propre » du Mékong (amis écolo ne vous offusquez pas). Donc faux mouvements lors du maniement de la barque et CRAC, je déchire mon pantalon à la fesse, déchirure d’usure, malheureusement irrécupérable !!! Chose difficile à faire entendre à Mama Khone, j’avais à peine enlevé mon pantalon éventré, que déjà la femme attentionnée s’empressait de le mettre dans un sac pour l’emmener chez la couturière. J’arrive in-extremis, informée de ses actes par Sam, récupère l’objet en lui répétant « Bo peniang, il est mort j’en trouverais un nouveau ». Mais la dame a plus d’un tour dans son sac, elle profite d’un moment d’inattention, pour gentiment partir m’acheter un joli jogging tout synthétique (raaaaaaa, au bout de deux mois, vous n’avez donc toujours pas compris quel genre de vêtement je porte !!). Je me retrouve dans un grand dilemme, comment lui expliquer, sans la vexer, que je préfère me balader en culotte plutôt que d’avoir à porter son jogging. Heureusement me voilà sauvée, après essayage (quand même), le jogging s’avère trop petit…. Ouf j’ai eu chaud !! Je répète « Bo peniang, J’irais, moi toute seule (en insistant sur cette notion) m’acheter un pantalon quand mon jean’s sera sec ». Mais l’enragée n’a pas dit son dernier mot !! A peine ai-je le dos tourné, qu’elle file pour se charger de la mission, et reviens tout sourire avec un sarong à l’esthétique discutable !! Difficile de lui dire en moins d’une heure « tu as vraiment des goûts de chiottes », me voilà donc au quotidien portant un sarong à fleurs, que je perds régulièrement car je n’ai toujours pas trouvé la technique pour l’attacher. Deux mois au Laos, ça vous change une personne. Néanmoins je les soupçonne d’avoir orchestré la déchirure du pantalon car cela fait plusieurs semaines qu’elles tentent de me faire porter un sarong.
            ♦ Vivre au Laos c’est s’apercevoir de l’absurdité des critères de beauté. Ici c’est « tu as un gros nez, oh c’est beau », « wahou comme ta peau est blanche, tu es belle », « oh dis donc tes jambes sont drôlement poilus, c’est beau », « tu es grosse, je peux toucher ?? j’aime les gros, c’est beau ». Alors je continue à manger, parce que c’est beau. En essayant d’oublier qu’au retour je vais vite déchanter !!
            ♦ Le Laos c’est aussi côtoyer des animaux mortels, au quotidien on a tendance à l’oublier, on déambule pieds nus, sourire aux lèvres, heureux !! Jusqu’au jour où, comme Sam, on met innocemment le pied sur un serpent mortel. L’essentiel dans ce genre de situation, c’est d’avoir de bons réflexes, une bonne détente et une voix qui porte pour appeler un lao à la rescousse !! et ainsi tout est bien qui finit bien.
            Dans mon cas, la rencontre avec l’animal dangereux mais pas mortel (respires maman !!), c’est faite une nuit, tête dans le brouillard, alors que j’allais évacuer la bière préalablement ingérée. J’étais tranquillement installée, en pleine méditation sur la vie, quand de mes petits yeux endormis j’aperçue l’animal. Le scorpion sans gêne, vautré sur son mur, en plus de violer mon intimité nocturne, avait l’audace de pointer sa queue vers moi. D’un coup bien réveillée, j’ai stoppé là mes rêveries et suis sortie sans prendre le temps de faire connaissance. 


            ♦ L’arrivée de Raf et Maël (vive les psychomot) a donné un regain de festivités à nos hôtes lao. Autant vous dire que ces deux semaines ont été chargé en folklore des pique-nique, des balades, des mariages et des soirées improvisées. On a eu droit au pique nique version poisson grillé ou patchoum (fondu de poisson), avec grosse sono, micro et karaoké, du Francky Vincent pour nous les Falang (merci Alice, on est devenu fan) et les classiques pour les lao, autant vous dire que ça a groové dans les rizières !!
            La balade dans les cascades n’a pas été de tout repos, une petite marche sans chaussures sur des rochers chauds et coupants. Les lao galopent tel le bouquetin dans la vallée de la mort, en ce qui concerne les blancs, ça manque de fluidité, le pas est plus semblable à une mauvaise imitation du robot. Après 1h de marche, on arrive (les pieds en sang) au milieu des cascades, avec le soleil couchant, la vue est incroyable. Pendant qu’on profite du paysage et qu’on panse nos blessures, Mone et son pote aux gros sourcils partent récupéré les poissons dans les pièges en bambou. Le retour à la maison ne manque pas non plus d’originalité, moteur à fond dans les rapides, avec un homme à l’avant, rame en main, pour aider aux manœuvres, pas toujours efficace car à plusieurs reprises on finit dans des buissons. Mais pas de problème qu’est ce qu’on s’amuse !!!

Bref tant de petites choses, qui vous donnent envie de dire « l’année prochaine, viens à Dondet !! »

1 commentaire:

  1. Etles chaussures en boites de conserve de la petite miss Manisap! Etla sono a fond sur le bateau en route pour rentrer du picnic....

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