dimanche 7 avril 2013

Darjeeling- Mirik ; दार्जलिंग - मिरिक



Lorsque j’ai pris mon billet à Calcutta, le mec m’informe que le trajet dure au minimum 12h, et à ma question naïve « et maximum ?? » il a gentiment souri. Je comprends mieux pourquoi. 22h à partager ma couchette de 1m20 avec une maman et son fils de 11 ans handicapé, 2h bloqué dans la rue d’un quelconque village, pour quelle raison un tel embouteillage ?? Personne n’a vraiment su. Passage à niveau ?? Simplement la surpopulation ?? Va savoir !! 22 h à me faire regarder par l’intégralité du bus, à échanger des regards complices avec mes compagnons de couchette, et un peu avec l’adjoint chauffeur qui m’a accordé quelques privilèges. Une fois à Siliguri, le trajet n’est malheureusement pas fini, il reste encore à prendre une jeep pour grimper jusqu’à Darjeeling. Après une brève altercation avec monsieur pipi, pour une histoire de tarif (j’ai fini par lui jeter mon billet à la figure), oui j’étais un peu fatiguée !! Je monte dans la jeep, surpeuplée elle aussi, avec au volant Fangio junior, qui visiblement est aussi Dj à ses heures perdues. On a eu droit à un panel très varié de musique indienne, du classique Bollywood, au rap en passant par du heavy metal. La route est chaotique, nid de poule, camions, virages, ravins, klaxons et compagnie, ça double dans tous les sens et dans toutes les conditions, adieu distances de sécurité et visibilité dans les virages !! Sur la jeep que l’on tente désespérément de doubler, il est écrit « Highway to heaven », je préfère penser que ce n’est pas prémonitoire !!!
            J’arrive finalement en vie à Darjeeling, oh…. Mais c’est qu’il fait froid à 2000 m d’altitude, tel Rasta Rocket, j’enfile l’intégralité de mon sac et pars à la recherche d’un hôtel avec qu’une seule idée en tête, une douche chaude. Il est 20h, il fait froid, nuit, la ville est étrangement déserte, je fonce dans le premier hôtel cheap. Pour la douche chaude, c’est râpé, mais la douche s’impose, alors c’est à la bucket avec de l’eau qui arrive directement de l’Himalaya (donc pas vraiment chaude) que je tente d’enlever ma crasse. Un gros dodo et demain ma première rencontre avec l’Himalaya…. Enfin ce que je pensais naïvement !
            En réalité, j’ai passé 2 jours à Darjeeling, à me balader dans cette ville encore bien chargée, à l’image de l’inde, à monter, descendre toutes ces montagnes, à traîner dans les champs de thé, à devenir addict au tchaï, à me lever à 4h du mat pour un « super » levé de soleil, 2 jours sans jamais voir une montagne enneigée…. Ma rencontre avec l’Everest attendra donc le Népal !!
C’est toujours congelée et un peu déçue que je quitte la ville avec ce qu’ils appellent le Toy Train, un petit train de 2 wagons qui marche encore au fuel et qui partage la route étroite avec les voitures. Qui veut dire partager, veut aussi dire klaxonner, mais avec un klaxon qui résonne dans toute la vallée. Donc 2h de balade sur les rails proches du ravin, 2h de klaxon, un décor hallucinant et une vue parfaitement bouché par le brouillard.

 
            J’arrive à Mirik, petite bourgade beaucoup plus calme, avec son lac, ses forêts de pins et ses maisons toutes fleuries. Je me dégote une petite maison à louer, un peu hors budget mais tellement mignonne et à la déco beaucoup trop kitch, je craque tout de suite. Il fait toujours aussi froid mais ce coup-ci, j’ai droit à un seau d’eau chaude, quel bonheur. Encore une fois à 20h la ville s’éteint, ça me laisse le temps de découvrir la culture indienne à travers la télé.
Mon unique journée ici se doit d’être productive (je prends encore du retard dans mon planning). Visite du temple bouddhiste (beaucoup moins doré que ceux thaïs), balade au bord du lac, discussion avec une blanche (ça faisait longtemps que je n’en avais pas vu), le bazar où je me suis bien perdu, ce qui m’a donné l’occasion d’observer des hommes en plein travail ; le billard indien ; et bien sûr les champs de thé à perte de vue, sur les montagnes.
            Bref deux rapides escales au Bengal, dans mon trajet pour Katmandu, le temps de me familiariser avec quelques coutumes indiennes, dont le hochement de tête qui veut tout et rien dire, ou peut être seulement dire oui, mais toujours accompagné d’une expression faciale parfaitement neutre et qui est toujours suivi d’un grand blanc plein d’incompréhension !!

3 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. Je viens de me réveiller, bol de chocolat chaud à la main, à Paris, il fait beau mais encore très froid...bim bam boum, grâce à toi me voilà au Nepal, sur la route, dans ton regard des paysages! Merci (Lucie, pote d'Aline)

    RépondreSupprimer