Lorsque j’ai pris mon billet à
Calcutta, le mec m’informe que le trajet dure au minimum 12h, et à ma question
naïve « et maximum ?? » il a gentiment souri. Je comprends mieux
pourquoi. 22h à partager ma couchette de 1m20 avec une maman et son fils de 11
ans handicapé, 2h bloqué dans la rue d’un quelconque village, pour quelle
raison un tel embouteillage ?? Personne n’a vraiment su. Passage à
niveau ?? Simplement la surpopulation ?? Va savoir !! 22 h à me
faire regarder par l’intégralité du bus, à échanger des regards complices avec
mes compagnons de couchette, et un peu avec l’adjoint chauffeur qui m’a accordé
quelques privilèges. Une fois à Siliguri, le trajet n’est malheureusement pas
fini, il reste encore à prendre une jeep pour grimper jusqu’à Darjeeling. Après
une brève altercation avec monsieur pipi, pour une histoire de tarif (j’ai fini
par lui jeter mon billet à la figure), oui j’étais un peu fatiguée !! Je
monte dans la jeep, surpeuplée elle aussi, avec au volant Fangio junior, qui
visiblement est aussi Dj à ses heures perdues. On a eu droit à un panel très
varié de musique indienne, du classique Bollywood, au rap en passant par du
heavy metal. La route est chaotique, nid de poule, camions, virages, ravins,
klaxons et compagnie, ça double dans tous les sens et dans toutes les
conditions, adieu distances de sécurité et visibilité dans les virages !!
Sur la jeep que l’on tente désespérément de doubler, il est écrit « Highway
to heaven », je préfère penser que ce n’est pas prémonitoire !!!
J’arrive
finalement en vie à Darjeeling, oh…. Mais c’est qu’il fait froid à 2000 m
d’altitude, tel Rasta Rocket, j’enfile l’intégralité de mon sac et pars à la
recherche d’un hôtel avec qu’une seule idée en tête, une douche chaude. Il est
20h, il fait froid, nuit, la ville est étrangement déserte, je fonce dans le
premier hôtel cheap. Pour la douche chaude, c’est râpé, mais la douche
s’impose, alors c’est à la bucket avec de l’eau qui arrive directement de
l’Himalaya (donc pas vraiment chaude) que je tente d’enlever ma crasse. Un gros
dodo et demain ma première rencontre avec l’Himalaya…. Enfin ce que je pensais
naïvement !
En
réalité, j’ai passé 2 jours à Darjeeling, à me balader dans cette ville encore
bien chargée, à l’image de l’inde, à monter, descendre toutes ces montagnes, à
traîner dans les champs de thé, à devenir addict au tchaï, à me lever à 4h du
mat pour un « super » levé de soleil, 2 jours sans jamais voir une
montagne enneigée…. Ma rencontre avec l’Everest attendra donc le Népal !!
C’est toujours congelée et un peu
déçue que je quitte la ville avec ce qu’ils appellent le Toy Train, un petit
train de 2 wagons qui marche encore au fuel et qui partage la route étroite
avec les voitures. Qui veut dire partager, veut aussi dire klaxonner, mais avec
un klaxon qui résonne dans toute la vallée. Donc 2h de balade sur les rails
proches du ravin, 2h de klaxon, un décor hallucinant et une vue parfaitement
bouché par le brouillard.
J’arrive
à Mirik, petite bourgade beaucoup plus calme, avec son lac, ses forêts de pins
et ses maisons toutes fleuries. Je me dégote une petite maison à louer, un peu
hors budget mais tellement mignonne et à la déco beaucoup trop kitch, je craque
tout de suite. Il fait toujours aussi froid mais ce coup-ci, j’ai droit à un
seau d’eau chaude, quel bonheur. Encore une fois à 20h la ville s’éteint, ça me
laisse le temps de découvrir la culture indienne à travers la télé.
Mon unique journée ici se doit
d’être productive (je prends encore du retard dans mon planning). Visite du
temple bouddhiste (beaucoup moins doré que ceux thaïs), balade au bord du lac,
discussion avec une blanche (ça faisait longtemps que je n’en avais pas vu), le
bazar où je me suis bien perdu, ce qui m’a donné l’occasion d’observer des
hommes en plein travail ; le billard indien ; et bien sûr les champs
de thé à perte de vue, sur les montagnes.
Bref
deux rapides escales au Bengal, dans mon trajet pour Katmandu, le temps de me
familiariser avec quelques coutumes indiennes, dont le hochement de tête qui
veut tout et rien dire, ou peut être seulement dire oui, mais toujours
accompagné d’une expression faciale parfaitement neutre et qui est toujours
suivi d’un grand blanc plein d’incompréhension !!
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RépondreSupprimerJe viens de me réveiller, bol de chocolat chaud à la main, à Paris, il fait beau mais encore très froid...bim bam boum, grâce à toi me voilà au Nepal, sur la route, dans ton regard des paysages! Merci (Lucie, pote d'Aline)
RépondreSupprimerj'y étais aussi!
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