vendredi 22 mars 2013

Calcutta.... कलकत्ता



Premier contact avec l’Inde, Calcutta… On m’avait prévenu, je m’étais préparée, mais quel choc je prends. Je retrouve cet étonnement constant, mes yeux regardent partout, probablement écarquillés, je voudrais tout prendre en photo tellement cette ville grouille et m’hallucine.
J’arrive à l’aéroport et déjà j’entends retentir tous les klaxons de la ville et devant moi des dizaines de taxis attendent patiemment leurs clients. On se croirait replongé dans les années 60, tout y est, les chemises, les moustaches, le modèle des voitures et déjà une atmosphère particulière se fait sentir. Tous les chauffeurs attendent, assis là où ils peuvent. Mon chauffeur a les yeux bleus (ce qui rare dans ces contrées), fière de me préciser que s’il y a toujours le plastique sur tout les sièges, c’est que son auto est neuve (oui je veux bien, mais ça va pas m’aider à avoir moins chaud !). On papote pendant le trajet, il est célibataire et m’invite rapidement chez lui pour mon prochain séjour à Calcutta (oula bonhomme, c’est gentil mais tu vas vite en besogne!! me dis-je). Au moment de payer, il s’avère être un bel arnaqueur, comme beaucoup d’indiens qui potentiellement vont vous vendre quelque chose. Mais je fais l’impasse sur l’arnaque, je ne vais pas m’énerver d’entrée de jeu quand même !!
            Une fois à bord du taxi, c’est parti pour une plongée dans la circulation indienne ; tu trouves qu’Hanoï c’est le bordel, et bien viens faire un tour à Calcutta !! Des taxis jaunes, des rickshaws verts et jaunes, des bus bariolés, des camions, des pousse-pousse tirés par des mecs à moitié nus et bien souvent pieds nus, des vélos, des voitures, des piétons, des chiens et parfois même une vache, et bien sûr personne ne s’arrête jamais !! Un beau merdier, des Tata dans toutes leurs déclinaisons, tata qui transporte des marchandises, tata qui trimballe des touristes, des riches, des grosses tatas, des petites tata, tata qui emmène le peuple entassé. Tata c’est le constructeur automobile (rien à voir avec Moustachatte), qui visiblement a le monopole en Inde. Et tout ça sur fond de klaxons constant au milieu duquel on entend des voix gueulant je ne sais quelle insanité ou quelle information.

 
Tout semble allait toujours très vite, les pauvres, les riches, tous font leur vie sans prendre le temps de s’arrêter et ça se bouscule, chacun se faufile là où il peut pour se frayer un chemin au milieu de cette fourmilière. Se promener (au sens lao du terme, c'est-à-dire lentement) est quasiment impossible, toute sortie dans la rue est une véritable course à obstacles, entre la petite échoppe qui déborde allègrement sur le trottoir, le vendeur ambulant qui a étendu ses fruits, légumes, fringues à même le bitume, les mecs qui puisent de l’eau à la fontaine pour ensuite se laver toujours sur ce même trottoir, les gens qui y dorment avec ou sans lit, les constants travaux et évidemment les millions d’indiens qui, comme vous, on décidait d’aller prendre « l’air » ou manger un bout, autant vous dire que l’utilisation du trottoir n’est pas évidente !! Le problème est que marcher sur la route est un sport encore plus dangereux, on risque sa vie à tout instant ou de perdre un bras car comme je l’ai dit plus haut personne ne s’arrête poliment pour vous laisser la place !!
Une fois la fluidité dans le déplacement acquise, nous, femmes, devons faire face à une autre forme de nuisance ; le problème libidineux de nos amis les indiens (pour quelle raison ?? j’étudie encore la question). Tous les regards sont braqués sur nous, blancs, et sur nos poitrines, nous femmes blanches. Il n’est pas rare non plus d’entendre des « huuuummmm nice » ou « fuck you » « you want to fuck with me ?? » sortant de la bouche, à la moustache naissante, de jeunes ados pré-pubères. Et évidemment dans ce bain de foule constant, étrangement les mains traînent et peuvent malencontreusement se retrouver sur vos fesses ou vos seins, mais un regard noir et une remarque un peu forte renvoient rapidement nos « perturbateurs » dans les saris de leur mère.
Ce qui m’étonne dans ce tumulte, c’est la présence quasiment exclusive des hommes, dans les boutiques, dans les hôtels, dans les laundry service, dans les restos, des hommes toujours des hommes, mais où sont les femmes ??? Des femmes au foyer me dit-on, mais quand elles sont de sorties, on les remarque, toutes en couleurs dans leur sari, leur bijoux dorés et leur point sur le front, pas une tenue est identique, ce qui donne un spectacle assez sensationnel.
A Calcutta apprenons à revoir à la baisse nos critères d’hygiène. Tu trouves que le métro sent parfois l’urine ; viens faire un tour à Calcutta !! Ici ce n’est pas parfois que ça sent mais à peu près partout et estimes toi heureux, si ça ne sent que l’urine !! Entre pot d’échappement, épices, odeurs de fritures et matière fécale, mon nez en perd tous ses repères !! Heureusement j’ai rencontré, un matin, un presque lady boy qui m’a aspergé de son parfum, par solidarité féminine probablement !! Ce qui m’a bien rendu service lorsque les odeurs devenaient insoutenables.
Mon premier jour, après une arnaque au thé, je rencontre Taslim, un jeune puceau sauvage, avec qui je sympathise et qui deviendra mon guide pour ces 3 jours dans la grande ville. Il m’emmène partout, le Victoria mémorial (encore une œuvre de mégalo), le temple de Kali, le marché, les petites échoppes, les petits restos (fréquentés que par des hommes encore) dans les parcs, les rues de la ville. Il insiste pour être mon chevalier servant, le premier jour c’est mignon. A la 4ème déclaration d’amour, je trouve ça inquiétant !! J’ai beau mettre les choses au clair, le jeune poulain ne semble pas comprendre que « non on ne fera juste un peu kissing » et que « non, tu ne viendras pas à mon hôtel ». A la 10ème déclaration, je commence à trouver ça franchement relou et à la 20ème, je suis à bout, il est temps que je quitte la ville !! Encore une belle pioche de Béné le boulet.
Départ larmoyant (pour Taslim) et direction Darjeeling (mais pas en train).

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