Deux
jours de retard sur mon programme et sur mon visa, je passe la frontière en
serrant les fesses, mais jour de chance pour la Béné, le douanier fait
gentiment l’autruche, et tamponne mon passeport en souriant et sans réclamer
les 20 dollars que je lui devais. Je fais ensuite escale à Chiang Raï dans
l’idée d’y rester quelques jours et de partir explorer les alentours. Projet
inachevé car prise de panique, je pars prématurément à Chiang Maï afin
d’obtenir mon visa indien à temps et pour me heurter à l’administration
indienne.
Ce
rapide passage à Chiang Raï m’a quand permis de reconnecter avec la modernité
en me baladant dans la ville, d’halluciner lors de la visite du white temple et
de faire la connaissance de Cécile, qui m’aidera à siffler la bouteille de lao
lao que j’avais acheter pour vous amis français.
Le
white Temple mérite une description plus approfondie tant il est absurde et
ahurissant. Il s’agit d’un bâtiment blanc, étincelant et éclatant qu’on
croirait tout droit sorti d’un Walt Disney. A l’entrée, des cônes rouges et
blancs, sur lesquels trônent des têtes de mort, nous avertissent de je ne sais
quel danger. On avance et on se retrouve face à un arbre aux branches duquel
sont accrochés des têtes terrifiantes, et l’avertissement se précise l’alcool
et la cigarette sont interdits. Ensuite on grimpe sur la passerelle qui mène à
la porte, et dans les douves, des milliers de mains sortent du sol. Putain mais
on est où ?!! Une fois à l’intérieur, on se retrouve face à un grand
Bouddha, comme dans n’importe quel temple, des moines sont agenouillés, perdu
dans leur méditation. Et finalement on se tourne pour ressortir et on découvre
sur ce mur face à Bouddha, des représentations de Superman, Dark Vador,
Spiderman, angry birds, Jack Sparow, tout ça s’entremêle avec des monstres bien
asiatiques et des vaisseaux de Star War. Finalement on sort de là un peu
abasourdi, en se demandant ce que Bouddha a bien pu fumer !!
Je prends ensuite la route pour
Chiang Maï, encore sous le choc du white temple et échoue dans une guest-house
un peu hippie et conviviale dans le sud de la ville. C’est Mot, petit bout de
femme de 40 ans, maîtrisant assez mal l’anglais (ce qui donnera lieu à de
rigolotes fautes de langages et des « you teach me, you teach me
english » assez réguliers) qui m’accueille avec sourire et dynamisme. Et
comme à mon habitude, je m’installe !! Je prends mes petits repères,
trouve ma petite routine ; balade à vélo, petit tour au marché, glande
dans les canaps, papotage avec les autres touristes, je vais régulièrement
boire mon petit café (ou ma petite beerlao) chez Nina, une lao-thaï, et
sympathise avec ses employées. Mais contrairement à d’habitude, je décide qu’il
faut se sortir les doigts des fesses, et m’inscrit à un cours de cuisine et une
formation massage (oui je peux désormais casser un dos tout en préparant un pad
thaï !!)
Le résumé du cours
de cuisine : rigolo (surtout notre chinoise du groupe) et copieux (5 repas
en 5 heures).
Pour le massage, je
me suis finalement retrouvée en cours particulier (un signe du destin probablement !!),
avec Phu, petite bonne femme poum pouille (grassouillette dans la langue
d’ici), mais avec de la bouteille, capable de déceler la moindre de vos
tensions. Je la soupçonne d’avoir pris un malin plaisir à me faire grimacer de
douleur à chaque démonstration. Heureusement pour divertissement, il y avait
dans la même pièce mes camarades d’école.
L’Allemand
d’une trentaine d’années, exilé en Crête, débardeur bleu turquoise, corps
parfaitement épilé, bouclettes blondes mi-courtes retenues par un bandana
(genre Rambo) dont les liens revenaient élégamment se poser sur son épaule. Et
bien sûr, pour ajouter au sex-appeal du personnage, un zozotement très prononcé
et des postures loin d’être ergonomique et virile lors des
manipulations !!
Autre
divertissement de mes longues journées, le groupe des 5 japonaises, dynamiques,
enthousiasmes et tellement synchro dans leurs réactions !! (J’ai bien
souvent retrouvé le côté porte qui grince !!). Pour ces 5 dames, toutes
remarques donnaient lieu à « huuuuuuuuummmmmmmmmm hhhiiiiiiiii » en
cœur, suivit d’échanges très enjoués en japonais. J’ai tant ri et regrette
beaucoup de ne pas avoir pu filmer !!
A la guest-house, c’est à la version
occidentale que j’avais droit. La bande des « super copines, regardes j’ai
des avant- bras, youhou c’est formidable !!!! », exaltées pour tout
et surtout pour rien, très gentilles, mais un peu bruyantes !!
Bref un petit quotidien bien rodé
avec beaucoup de rencontres et beaucoup de travail (car apprendre à casser un
dos, ça demande de l’entraînement)
Et pour dernier jour, ce fut un
festival d’inattendu. La journée devait commencer par un massage avec Pim, une
Thaï que j’avais rencontré quelques jours plus tôt chez Nina. On avait
rendez-vous à 10h chez Nina, juste assez de temps pour un petit café, bon dans
la réalité le café s’est éternisé car une vendeuse ambulante est venue me vendre
un aliment que je pensais être du porc haché, mais qui était en fait une
fricassée de larves et de fourmis rouges, encore vivantes pour certaines. Maï
pen raï (Bo peniang en Thaï), j’avais déjà mangé ça auparavant, mais je sais
pas pourquoi, là comme ça au réveil, ça me tentait moyen !! Nina, face à
ma tête et mon indécision, m’en a gentiment fait une omelette, et effectivement
ça passait mieux.
Une
fois le festin englouti, je pars avec Pim, pour mon massage. Enfin ….
Visiblement on s’était mal compris, ou elle n’avait pas vraiment envie de
bosser. Toujours est-il que je me retrouve propulsée dans les cuisines du
temple, assise au milieu de toutes ces femmes, en plein préparatifs du repas
pour la fête du soir. Je donne donc avec plaisir un coup de main à toutes ces
dames, je n’en serais que plus fatiguée pour le massage, me dis-je !! Pim
reviens finalement vers moi, pas du tout pour le massage, mais pour m’inviter à
déjeuner avec sa copine. Et c’est parti pour une petite virée en scooter, un
petit resto et un repas comme j’avais pas fait depuis dondet, lap au sang et
piment, bouillon, oreilles de cochons grillés et bière, je baragouine mes 4
mots de Lao, elles leurs 5 mots, on fait semblant d’avoir une vraie
conversation, quel bonheur !! La journée se finit finalement au temple où
je rate la fête après plusieurs hésitations « je prends mon train, je ne
prends pas mon train », et sans avoir eu mon massage évidemment !!
See you soon Chiang Mai !!
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