On est samedi, il est 6h, comme tous les
jours, le coq a décidé de pousser la cantonade sous mon bungalow, pas de
problème !! (ça fait deux semaines que ça dure, je suis désormais debout à
6h et couché à 22h.) Ces dames m’apportent mon pétrole matinal (un mélange de
café très épais avec une bonne dose de lait concentré), mixture qui vous envoie
directement aux toilettes, et sans avoir eu le temps de dire ouf, une omelette
aux légumes. La journée peut enfin commencer. Sam m’annonce qu’on est convié à
un mariage, à peine le temps de prendre une douche qu’on doit déjà embarqué,
début des festivités prévu à 8h. Et hop en avant pour la balade sur le Mékong,
avec assis à la queue leuleu, Dét, le chef du village, les deux falangs, mamie
Bettel et Papa Lam à la barre. Avec les courants et la bonne étanchéité du
bateau, on arrive tous trempés !!
Il doit être 9h (impossible de savoir, tous
les hommes de la noce ont mis leur montre plaqué or mais aucune ne
marchent !), et on est invité dans un cercle d’homme, tous assis en
tailleur, le verre de bière, à boire cul-sec, arrive par la droite et celui de
laolao par la gauche. Certains convives sont déjà bien éméchés et tentent de
baragouiner en anglais, les mamies nous observent du coin de l’embrasure de la
porte, les plats arrivent en masse, je sais plus où donner de la tête !!
Le pork, le bœuf, des herbes, il y en a partout !! « Merci j’ai pas
faim, j’ai englouti une omelette ya 1h » Bo Peniang j’ai pas vraiment le
choix, on me glisse la nourriture dans la main.
Et
ça papote et ça boit, j’ai 50 prétendants cinquantenaires et alcooliques, tous
me parlent en lao, je hoche la tête poliment, le laolao commence à faire effet,
« mais il est quelle heure ?? Mais où sont les femmes pendant ce
temps ?? »
On a perdu Mamie d’entrée de jeu, elle a été
assignée au riz avec ses copines et sa dose de Bettel, elle est aux
anges !! Les femmes de moins de 60 ans ?? y en a pas ??
D’un coup elles
débarquent pour une brève apparition, au milieu des rizières, arrivant d’on ne
sait où, entourant la mariée. Une jeune femme de 26 ans, nous dit-on, qui en
paraît 16 comme toujours, fraîche et pimpante, toute en perles et en dorure, un
chignon « pièce monté » posé sur la tête.
Elles disparaissent
à nouveau, dans la maison ce coup-ci, et nous on continue sur la même lancé. Au
Laos, le principe est simple, si tu as envie de boire, tu débarques dans un
groupe avec une bouteille et tout le monde y passe. Pas trop moyen d’y
échapper. Le problème c’est qu’il y a beaucoup d’alcoolique ambulant, bouteille
en main !! Autant dire qu’à 12h, la joie de vivre se faisait bien
ressentir, et Papa Lam pris par une fière de la danse, nous tire sur la piste,
le problème c’est que personne ne danse !! « Bo peniang »
quelques volontaires sont tirés dans la foule, posé en ligne face à face et
c’est parti ça groove à fond sur la voix aigüe et stridente du chanteur !!
Et chacun son tour,
on tente de se défiler, ou encore d’échapper à un bourré postillonneur. Bref il
est 13h, la fête bat son plein, ça commence à être dur, tout le monde vide la
moitié de son verre sur le sol. Il est temps de partir, un verre de plus et on
va finir échouer au milieu du Mékong. Le reste de la journée : on va le
passer à dormir !! Bienvenu au Laos.