samedi 15 décembre 2012

La fête matinale.


On est samedi, il est 6h, comme tous les jours, le coq a décidé de pousser la cantonade sous mon bungalow, pas de problème !! (ça fait deux semaines que ça dure, je suis désormais debout à 6h et couché à 22h.) Ces dames m’apportent mon pétrole matinal (un mélange de café très épais avec une bonne dose de lait concentré), mixture qui vous envoie directement aux toilettes, et sans avoir eu le temps de dire ouf, une omelette aux légumes. La journée peut enfin commencer. Sam m’annonce qu’on est convié à un mariage, à peine le temps de prendre une douche qu’on doit déjà embarqué, début des festivités prévu à 8h. Et hop en avant pour la balade sur le Mékong, avec assis à la queue leuleu, Dét, le chef du village, les deux falangs, mamie Bettel et Papa Lam à la barre. Avec les courants et la bonne étanchéité du bateau, on arrive tous trempés !!
Il doit être 9h (impossible de savoir, tous les hommes de la noce ont mis leur montre plaqué or mais aucune ne marchent !), et on est invité dans un cercle d’homme, tous assis en tailleur, le verre de bière, à boire cul-sec, arrive par la droite et celui de laolao par la gauche. Certains convives sont déjà bien éméchés et tentent de baragouiner en anglais, les mamies nous observent du coin de l’embrasure de la porte, les plats arrivent en masse, je sais plus où donner de la tête !! Le pork, le bœuf, des herbes, il y en a partout !! « Merci j’ai pas faim, j’ai englouti une omelette ya 1h » Bo Peniang j’ai pas vraiment le choix, on me glisse la nourriture dans la main.
            Et ça papote et ça boit, j’ai 50 prétendants cinquantenaires et alcooliques, tous me parlent en lao, je hoche la tête poliment, le laolao commence à faire effet, « mais il est quelle heure ?? Mais où sont les femmes pendant ce temps ?? »
On a perdu Mamie d’entrée de jeu, elle a été assignée au riz avec ses copines et sa dose de Bettel, elle est aux anges !! Les femmes de moins de 60 ans ?? y en a pas ??
D’un coup elles débarquent pour une brève apparition, au milieu des rizières, arrivant d’on ne sait où, entourant la mariée. Une jeune femme de 26 ans, nous dit-on, qui en paraît 16 comme toujours, fraîche et pimpante, toute en perles et en dorure, un chignon « pièce monté » posé sur la tête.
Elles disparaissent à nouveau, dans la maison ce coup-ci, et nous on continue sur la même lancé. Au Laos, le principe est simple, si tu as envie de boire, tu débarques dans un groupe avec une bouteille et tout le monde y passe. Pas trop moyen d’y échapper. Le problème c’est qu’il y a beaucoup d’alcoolique ambulant, bouteille en main !! Autant dire qu’à 12h, la joie de vivre se faisait bien ressentir, et Papa Lam pris par une fière de la danse, nous tire sur la piste, le problème c’est que personne ne danse !! « Bo peniang » quelques volontaires sont tirés dans la foule, posé en ligne face à face et c’est parti ça groove à fond sur la voix aigüe et stridente du chanteur !!
Et chacun son tour, on tente de se défiler, ou encore d’échapper à un bourré postillonneur. Bref il est 13h, la fête bat son plein, ça commence à être dur, tout le monde vide la moitié de son verre sur le sol. Il est temps de partir, un verre de plus et on va finir échouer au milieu du Mékong. Le reste de la journée : on va le passer à dormir !! Bienvenu au Laos.

Histoire d’eau !


Les Lao et le Mékong c’est toute une histoire, ça en ferait pâlir plus d’un. Quand on arrive ici, pas le choix, on dit bye bye à tous les conseils sanitaires. Le Mékong sert à tout et tout le temps, et sur l’île pas moyen de faire des chichis, on est tous logé à la même enseigne. Oui, oui, c’est cette eau marron, dégueu qui sent la vase, qui sort des robinets et qui sert à vous laver le tutu et le visage. Elle a toujours la même odeur et la même couleur quand elle sert à faire cuire votre riz ou comme eau pour votre café ou votre soupe. On retrouve même ce goût dans la chair du poisson qu’ils vous servent à toutes les sauces. Et oui, le Mékong qui a déjà traversé 3 ou 4 pays, sert pour la gastronomie et pourtant il n’est pas rare d’y voir flotter une poubelle, un sac plastique ou une serviette hygiénique !!
            Mais personne ici ne s’en offusque, et les enfants continuent à s’y baigner, à y passer la moitié de leur journée. Ils adorent toujours autant s’étaler le sable sur les bras et le visage, se mettre sur la tête, ces grosses algues vertes et dégueulasses. Et ils vous regardent tout sourire en vous demandant si c’est beau ?!! Et vous, obligé de ravaler votre tête de dégoût et de vous prendre au jeu !!
Ah !! La vie au bord du Mékong, tout un poème !!


Séance bricolage à la Lao.


En terme de gros œuvres, ils sont impressionnants de savoir faire et d’efficacité. Papa Lam, fin charpentier, travaille toute la journée avec l’aide de Mi. En 3 jours, tout est monté, il ne reste plus que le parquet à poser. Avec peu d’outils (un marteau, une scie et un fil à plomb) et beaucoup d’expérience, il construit cette cahute avec une agilité incroyable, à presque 60 ans, il en paraît 20 lorsqu’il est perché sur sa charpente et utilise ses pieds comme une autre paire de mains.
Pendant que Mone et Paï s’affèrent à la création de salle de bain pour les bungalows. Carrelage, Béton, tuyauterie, tout est maîtrisé et souvent fait maison, même les lits et les fenêtres sont faits par Mone, maître dans le travail du bois. Tout le monde est réquisitionné, tantôt redresseur de clou, tantôt aide au coupage de bois, passeur de matériel pour les charpentiers, chacun court aisément sur les poutres avec deux lattes de bois sur les épaules. Difficile de trouver sa place quand on est blanc, incapable de planter un clou et qu’on a besoin d’un harnais pour marcher sur une poutre !! Alors on décharge les bateaux, et on joue avec les enfants, fabrication de corde à sauter en élastique, partie de volley avec le gros ballon (qui ne dura pas bien longtemps au milieu des clous), dessins, baignade dans le Mékong, recherche de
poux sur les têtes.
Par contre, côté déco et finitions, on sent que c’est moins leur truc !! Ils ne s’embêtent pas avec le superficiel, la plupart des maisons sont bruts et sans mobilier. Alors quand il faut s’appliquer pour faire du beau pour les touristes, c’est une autre affaire, il y a du laisser-aller du côté des finitions !! (La dernière en date ; peindre la barrière à la tombée de la nuit, avec un néon au dessus, résultat ce matin, des milliers de moucherons sont collés sur la barrière, qui maintenant est sèche !!) Il faut dire que le matériel n’est pas des plus adapté, 3 pauvres pinceaux pourris à qui il manque la moitié des poils et un rouleau tout sec. On sent aussi le manque de logique dans la réalisation « ah tu poses les plaintes qu’on a pas fini de peindre ?!! Mais ça va faire des coulures non ?? ah ok bo peniang !! » et tout le monde met son petit grain sel, donc les barrières blanches sont mouchetés de petites traces de doigts rouge (merci Manisap). Bref vous l’aurez compris, les finitions prennent du temps et moi je m’installe !!

mercredi 12 décembre 2012

Dondet



Douze heures de trajet depuis Ubon, passage de frontière sans soucis, entourés de français, dont un couple de vieux qui arrive à se plaindre 30 min parce que les douaniers se sont pris une commission de 40 bath (Wahou c’est vrai qu’un euro, ça va changer ton voyage !!). Douze heures sur mon siège à me demander ce qui a pu changer en 1 an et demi. Heureusement une mamie Thaï et son petit-fils (fille, j’ai pas su trouver), me sortent de mes pensées avec des sourires et des Sawadi kaa, mais sous prétexte de m’avoir aidé à ouvrir mon sachet de mangue, ils s’avèreront un peu collant une fois sur l’île et pas évident de leur faire comprendre que je pars à l’autre bout de l’île et qu’ils ne peuvent pas m’accompagner.
            Une fois les Thaï abandonnés à leur sort, je monte sur la motobike de mister Sut, qui me parle de manisap Guest-house et de mister Sam. Hein ?? Quoi ?? Sam est sur l’île ?? Mais c’est quoi ce bordel ?!!
            J’arrive à Manisap, j’ai pas extrait mon gros derrière de la moto, que déjà des « Bini » et des sourires m’arrivent de tous les coins de la maison, avec l’impression de les avoir quittés la veille. J’ai pas posé le pied par terre, que déjà les femmes s’affèrent pour me préparer un bungalow, un peu poussiéreux, avec un matelas trop grand pour le lit mais neuf s’il vous plait !!! J’enlève mon sac et hop, on me glisse un verre de bière dans la main, c’est sur je ne me suis pas trompé d’endroit !! Sam, qui effectivement est arrivé deux jours plus tôt, me conte les 2 années passées et la saga Manisap.


Rien n’a vraiment changé, pas de buildings sur l’île, les routes sont toujours en terre et toutes défoncés. Du côté de Manisap, la famille est réconciliée, deux bungalows ont poussés et le restaurant a été embarqué par le Mékong un an plus tôt. La guest-house est en pleine reconstruction, il y a du bois partout et les enfants courent dans tous les sens.
Le dernier né (dont je n’ai toujours pas compris le nom), pour le coup a bien changé, il court le cul à l’air dans tous les sens, mort de rire et chouchouter par toute la famille. Manisap a la même frimousse, et n’a guère poussée, moins capricieuse et sacrément coquine, un vrai clown, toujours à amuser la galerie. Di prend de plus en plus son rôle de femme mais reste timide et en retrait.  Mi a pris un coup de vieux, il ne va plus à l’école et aide aux travaux comme un vrai petit homme. Det, fidèle à lui-même, il semble être le seul à n’avoir pas grandi, même tête, même énergie et toujours fourré dans le Mékong.
Il est 6h, réveillée par le coq, je me lève avec plaisir et profites des premiers rayons de soleil sur le Mékong, toutes ces îles sont magnifiques et tellement paisibles. Je m’assois et observe toute la famille qui est déjà bien active. Det râle toujours pour ne pas aller à l’école. Papa Lam et Mi installe déjà le bois pour le nouveau resto. Il est 6h, je me sors difficilement la tête du cul, quand eux s’affèrent déjà, ah il est là le décalage !!

samedi 8 décembre 2012

Ubon ratchathani/ อุบลราชธานี



Après ces 11h de trajet, j’arrive légèrement fatiguée à Ubon et saute dans le 1er Tuk-Tuk qui m’alpague !! Ma driveuse est une petite bonne femme tout sourire, qui accepte toujours souriante, de me trimballer dans tous les hôtels de la ville (pour m’apercevoir que le 1er visité était le moins cher), qui supportera même mon caprice « stop, il est 6h du mat, j’ai besoin d’un café » et qui au final me soutirera pas mal de fric mais toujours avec le sourire, là c’est moi qui sourit plus trop !! Je saute dans une douche pour tenter de surmonter la fatigue et par me balader les rues. La ville ne m’emballe pas plus que ça, très bétonnée, beaucoup de boutiques bordéliques, beaucoup de poussière, la chaleur m’y paraît très étouffante, j’y fais un tour rapide, mais sans grande conviction, la fatigue n’aidant pas évidemment !!
Après 1h de glande dans un cyber-café, au milieu des ados accros de jeux en réseau,  je m’aperçois, en fouinant sur internet, qu’effectivement la ville ne recèle pas de choses à voir et à faire !! La journée va être longue.
            La meilleure façon de tuer le temps en voyage, c’est de manger. Je m’arrête pour une halte déjeuner dans un petit boui-boui, où je fais la connaissance de Oil, une jeune de 16ans pas bien épaisse et de sa mère Tii ( ?). Oil baragouine quelques mots d’anglais et a visiblement une passion pour les blancs. On papote et elle finit par m’inviter au Loy Kathong, me vantant les mérites de sa motobike. 



Pour l’occasion, Oil a enfilé son plus beau tee-shirt Playboy (je ne suis pas sure que les asiatiques soient vraiment au courant de ce qui se cache derrière ce « mignon petit lapin » qu’ils aiment tant arborer !!), et ses jolies ballerines en plastique.
C’est donc parti pour une soirée avec une jeune de 16 ans, mais avant ça on passe faire des petites courses pour môman, Oil me trimballe dans le marché comme un trophée, les gens me regardent bizarrement, font des réflexions, je suis parfaitement à l’aise !! De plus les femmes asiatiques ont cette particularité d’être particulièrement tactile, et vas y que je te tiens par la main, que je te tire par le bras, « maintenant c’est bon j’ai très très chaud, il est temps de partir !! »
            On finit par arriver à la rivière de la lune pour le rituel du Loy Kathong, chacun achète sa feuille de bananier pliée en fleur, avec à l’intérieur une bougie de l’encens et des fleurs, on y dépose une mèche de cheveux et une pièce, on fait une petite prière ou un vœu ou on fait semblant et hop on balance le tout dans la rivière, et notre petite lumière part au gré du courant au milieu d’autres. C’est censé être très beau, bon dans notre cas, le petit radeau a été dépouillé par des enfants cachés dans l’eau, qui voulaient récupérer le butin. Un gros carnage, toutes nos fleurs éparpillées dans l’eau, et Oil qui essayait désespérément de faire partir le radeau plus vite en lui jetant de l’eau !! J’espère que nos vœux se réaliseront quand même !! On peut également acheter un poisson à relâcher dans la rivière pour que j’imagine, l’année de pêche soit fructueuse.
Après cette expérience cocasse, on part se balader dans le marché dressé pour l’occasion, avec caméraman, miss Ubon et tout le tralala et on décide d’acheter un lampion, genre mini montgolfière que l’on allume, j’ai pas trop compris la symbolique du truc, mais on espère que ce coup-ci personne ne viendra ruiner notre rituel !! La soirée se finit calmement avec môman, malgré leurs nombreuses sollicitations pour que je reste dormir avec elles (elles sont chelou non ?!!), je pars me coucher, prête à retrouver le Laos.
Bye bye Thaïlande.

lundi 3 décembre 2012

Et pendant ce temps en 3ème classe !!



La troisième classe c’est des banquettes en skaï, qui pour deux heures paraissent confortable, mais qui pour 10h le sont nettement moins. C’est aussi les néons allumés tout le trajet, les vendeurs ambulants qui vous bousculent toute la nuit Je pensais pouvoir dormir n’importe où et n’importe comment et bien non, au lieu de ça je médite.

Ce à quoi on n’avait pas forcément pensé :
            Que les ventilos seuls ne suffiraient pas à rafraîchir l’ambiance, donc toutes fenêtres ouvertes de nuit avec les néons, ça veut dire qu’en moins d’une heure tu es entièrement recouvert de tous les moucherons de la Thailande !!! Et qu’au bout de 3h tu te pèle le cul !!
            Que le voisin lui non plus n’arriverait pas vraiment à dormir, et qu’il tournerait dans tous les sens, toute la nuit. Et que évidemment sous couvert d’un « sommeil profond » a un coup les mains baladeuses, un coup la tête sur mon épaule. Heureusement les 2 jeunes en diagonale, me guettent, veillent sur moi et me conseillent sur comment l’éjecter en douceur.

Ce qu’on savait mais qui surprend toujours !!
            L’entrée dans le wagon, seule blanche, et d’un coup un « falang » retentit et 80 paires d’yeux braqués sur moi, qui ne me lâcheront plus.
            Les 2h de retard et personne qui s’en offusque.
            Un côté carré sous le bordel ambiant, finalement tout le monde est à sa place et personne n’ose en changer. Résultat je me suis trompée de place et j’ai délogé quelqu’un qui a passé sa nuit dans le couloir, malgré mes tentatives de « mais reviens », oups !!!

Ayutthaya/ พระนครศรีอยุธยา



Après un bien triste constat ; j’ai dépensé trop d’argent en peu de temps ; je retrouve les bonnes vieilles habitudes de Bamela et j’opte pour la 3ème classe pour mon trajet en train. Quel bonheur de retrouver cette proximité avec les gens « mais oui madame, assieds toi sur mes genoux, il fait que 38°C !!». Tout le monde est tout sourire et heureux de pouvoir baragouiner 3 mots en anglais avec toi. Je passe donc 3h à sourire aux vieilles, aux enfants, à regarder les 3 mamies, qui ne se connaissaient pas, papoter produit de beauté ou énergie (j’ai pas trop su déterminer mais il y avait une histoire de « tu frottes tes mains et tu les pose sur ton visage » enfin tout le monde était très emballé.) Bon je ne vous cache pas qu’à mesure que le train avançait, les gens montaient, la densité au mètre carré augmentait et l’utilité des ventilateurs s’amenuisait. Je n’étais donc pas mécontente lorsque tout les passagers m’ont indiqué mon arrêt, comment ont ils fait pour savoir où j’allais, sans même m’avoir demandé ? quoi ?? j’ai la tête du touriste qui va visiter la ville aux temples ?!!! Je fais donc une brève escale pour découvrir cette ville dont tout le monde parle. Cité où se mêlent habitations thaïs et dizaines de temples khmers (genre ankor mais éparpillé dans la ville).
Je trouve sans difficultés, une chouette guest-house les pieds dans la rivière, qui prépare un lap  incroyable et possède même de l’eau chaude pour la douche (non merci, ça ira !!). En plus je me trouve un petit duo de français pour partager la bière de l’apéro, que demandait de plus !! Le lendemain voulant profiter de la fraîcheur du matin, je mets le réveil à 6h, bon me lève à 7h et concrètement départ à 9h, toujours aussi efficace la Béné !!
Par soucis d’écologie, d’économie et de ligne, j’enfourche un vélo pour ma ballade, grosse erreur !! La ville a beau être parfaitement plate, il y fait toujours chaud. C’est donc parti pour 5h de bicyclette en plein cagnard à visiter les temples et à lâcher 20 bath + 20bath +20 bath +….. pas si cheap que ça la promenade !! Pour voir Beaucoup de pierres, de Bouddha assis, couché, debout, yeux ouverts, yeux fermés.
Sur le chemin je rencontre une petite vendeuse de café qui m’apprend qu’en partant le soir même, je vais raté le loy khatong (fête des lumières) qui n’a lieu qu’une fois par an, putain elle m’aide pas à prendre mes décisions celle-là !!
J’apprends finalement que la fête a lieu le lendemain, j’embarque donc dans ma 3ème classe pour 10h de train de nuit vers Ubon Ratchathani.

Krabi encore/กระบี่ ยัง



Cette petite ville m’avait bien plu, et j’avais dans l’idée d’y rester une journée, le temps de laver mes fringues et de me relancer dans une journée à scooter. J’y suis restée 3 jours !! Et pas du tout à cause d’un problème de lessive, non j’étais juste bien à squatter devant la guest-house à papoter et cancaner. Bon j’ai quand même fait des efforts, je suis allée me balader dans le parc national avec Deen, un Thaï du coin, visiblement aussi branquignole que moi !! on a bien essayé de trouver le point de vue, mais en vain, on s’est juste retrouvé à grimper/escalader un chemin boueux glissant en tongues !! bref grande réussite, donc pour se consoler on a volé des mini noix de coco dans le parc, chose parfaitement interdite !!
J’ai aussi tenté une visite pluvieuse de railay, une plage huppée avec grand resto et resort à gogo. Je me suis pris une grosse rincée en scooter avec évidemment un tee-shirt blanc, pourtant on me l’avait annoncé la pluie. Donc me voilà arrivant trempée, tee-shirt transparent dans un restaurant hyper chic où j’ai payé un bras pour un pad thai, ma foi assez succulent !!
Mais ce qu’on retiendra de ces quelques jours, c’est surtout ces heures passées à écouter, observer, et parler avec les Thaïs. Ils semblent adorer gossiper mais à part te demander ton âge et si tu es mariée, ils ne cherchent pas à en savoir plus, profond désintérêt ou toujours cette pudeur ??
Qu’est ce qu’ils sont fières de leur pays, de leur roi, ils ont tous une histoire pour vanter la bonté du roi, « et là il a dit, si les gens peuvent marcher pour grimper la montagne, alors moi aussi » et blablabla.
En terme de travail, les gérants de guest-house ont trouvé la bonne planque, ils se disent tous agence de voyage, mais honnêtement ils connaissent tous un mec dans les bus ou dans les trains et se prennent une petite commission sympathique pour avoir passé un coup de fil à ta place !! La paresse bien organisée, ils sont futés !! Et pendant qu’un lao ou un birman, employé illégalement, fait tout le sale boulot, eux ils se posent sur les canapés et papote. Ça parle épilation, poitrine, problème de peau. Ça se fout de la gueule des « falang kéké », vieux graveleux bedonnant qui viennent chercher des petites jeunes. Et ça rigole sur les blancs qui passent, sur les lady-boys. Et elles bouffent toute la journée en t’expliquant qu’il ne faut pas manger après 5h sinon tu grossis dans la nuit !! Et comme nous, elles se disent qu’elle devrait faire du sport mais n’en font rien !! Autant vous dire que je me suis bien marrée.
Alors dans mes compagnons de commérages il y avait :
-         Mam, la gérante de l’auberge, sympathique mais ce n’est pas sur !! qui supporte difficilement que les blancs négocient les prix. Elle passe pas mal de temps à se prélasser dans son fauteuil, mais fait quotidiennement du sport ; 15 minutes de oulahop devant la télé !!
-         La cousine Thaï mariée à un suédois, très avenante qui parle beaucoup de ces problèmes d’allergies à cause de la chaleur, la bouffe, etc. Je suis un peu retrouvé en elle mais en moins hystérique quand même !!
-         Tony, le chinois canadien de 48 ans mais qui en paraît 30, qui vit 6mois/an en Thailande. Monsieur je connais beaucoup de choses, un peu branleur, un peu drageur mais peut être un peu gay !!
-         Deen , mon copain du parc, voleur de noix de coco en vacances, mais sinon Barman à Koh Phangan. Il adore les jeux de mots pourris et les stands de tir du night market.
-         Khem (kim), la cendrillon laotienne de 18ans, qui m’a un peu rappelé les deux petites dames de Hanoï, la seule à vraiment bosser dans l’histoire !!
Voilà 3 jours de vis ma vie de Thaï à Krabi.