Après une
séparation larmoyante, je prends la route pour Pushkar. Dans le bus qui me
conduit à la ville, la chaleur me paraît de plus en plus étouffante, l’air qui
pourrait rafraîchir, ne fait que brûler la peau, mais ma mauvaise humeur (après
6 mois je ne sais toujours pas gérer la chaleur) ne m’empêche pas d’en prendre
plein les yeux. J’observe rêveuse les montagnes rocheuses et plaines arides du
Rajasthan, les femmes du bus sont un festival de couleurs, leurs saris flottent
au vent laissant apercevoir tout leurs bijoux, des boucles d’oreilles, des
chaînes, des bracelets, de la dorure en veux-tu en voilà, sur leur peau mate le
spectacle est saisissant.
J’échoue dans
un hôtel un peu en retrait de la ville, genre Club Med, avec piscine et gérant
fumeur de pétard. Mais ce qui m’a convaincu c’est la réception en moto à la
station de bus et la grosse remise sur la chambre. C’est officiellement la
saison basse au Rajasthan, la chaleur devient étouffante, les indiens eux même
ferment boutique et partent se terrer au frais dans les montagnes !! Et
moi, je suis là, dégoulinante, errant dans les rues, rasant les murs à la
recherche d’ombre, essayant tant bien que mal d’éviter les brahmans qui vous
réclament des donations conséquentes sous couvert de chance et d’un meilleur
Karma, « merci mon Karma se porte bien et non je ne te donnerais pas mon
argent pour que tu puisse t’acheter une nouvelle moche chemise » (les
brahmans étant l’une des castes les plus privilégiées d’Inde).
Dans
cette errance, je finis par échouer dans le resto de ziguouiguoui bouclettes
(ziguouiguoui étant le sobriquet donner aux indiens que j’ai rencontré). C’est
donc avec lui que j’apprends l’art (que je maîtrisais déjà assez bien) du
shanti shanti : la glande par temps chaud. Et au fil de discutions sur les
coutumes indiennes et de philosophie sur la vie vue par les hindous, je
m’incruste bien comme il faut dans son cercle d’amis. Je suis invitée dans les
villages, apprends la préparation des chapatis, vois pour la première fois
voler un paon (bah c’est vachement beau !!), danse avec des fillettes
devant des clips bollywood ringards, profite des couchers de soleil, et
m’éternise shanti shanti dans la ville !! Mais n’apprends toujours pas à prendre
des décisions.
Je quitte la
ville, un matin, pour Udaipur mais pas vraiment convaincue de partir dans la
bonne direction.
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