Les
travaux sont finis, contrairement à ce qu’on aurait pu croire le rendu n’est
pas si mal ; si on fait abstraction des coulures, traces de doigts et des
variations de rouge.
On retrouve
doucement le rythme lao, que j’avais gardé à l’esprit, manger, dormir, manger,
boire, dormir. Mama Khone continue de nous gaver, je finis vraiment par croire
qu’ils ont l’intention de nous manger !!
Les
premiers touristes arrivent, inaugure les bungalows, premières fuites, premiers
problèmes de communication. On s’installe dans une petite routine, avec Sam, on
joue à la marchande, on compte les billets, prend les commandes, on joue les
traducteurs, enfin surtout Sam, parce que moi à part leur apprendre des
« oulala », des « oh didondidon » et « paï pipi »
(aller faire pipi), mes connaissances en lao sont limitées.
Noël
approchant, les Falang arrivent en masse, la guest-house reste à 90% française,
et ça squatte, ça joue à la belotte, ça fait des blagues chauvines, ça évoque
avec envie les bons petits plats français, le fromage étant évidemment à
l’honneur. Toute la bande de squatteurs est cordialement conviée à la sauterie
pour ado, organisée à la « ville » sur le continent. Et comme
toujours on n’est pas déçus. Petite balade de nuit sur le Mékong , grosse
scène, sons saturés, chanteurs et danseurs ringards, boxe Lao, de la bière et
toujours cette curieuse manière d’aborder le dance floor : tous en piste
main sur le nez (parce que piétiner à 200 personnes dans une rizières ça fait
pas mal de poussière) et hop quand la musique s’arrête, tout le monde court à
sa place pour retourner danser 2 secondes plus tard. Et évidemment la bière
appelle l’incontournable pause pipi à la lao au milieu d’une rizière. Khone
avertit par mes soins, que nos vessies sont pleines, tape gentiment sur
l’épaule de sa copine, qui illico sort un sarong de son sac à main imitation
cuir, on s’écarte alors de la foule (10M) et on se prête avec le sourire « le
sarong pour faire pipi pudiquement en toutes circonstances ».
Et ainsi de
suite, les jours passent, je deviens adepte de l’observation de volailles en
milieu naturel, et je m’aperçois avec horreur que mon visa expire dans deux
jours, Quoi ??!!! Déjà 1 mois !!! Je ne me sens pas vraiment prête à
quitter les lieux, j’opte donc pour la virée de deux jours vers Paksé et la
Thaïlande pour remettre à jour mes papiers, j’en profiterais pour faire
quelques achats pour remercier la famille de leur accueil si chaleureux.
La veille
du départ, Di (l’adolescente de la famille) m’avoue qu’elle aimerait bien
m’accompagner. Je dis « bo peniang » (celui là je le maîtrise
bien !!), persuadée qu’il s’agissait encore d’une blague. J’ai vite
déchanté en la voyant monter dans le bateau avec moi, toute apprêtée :
sarong neuf, chaussettes montantes, haut rose à dentelles et visage tout talqué
(comprendre maquillé), bref prête pour la grande ville !! Après tout
pourquoi pas, deux jours à la ville avec une ado qui a vu 3 voitures dans sa
vie, ça peut être amusant !! Et en effet, les passages de rue se sont
avérés très drôles, Di toute stressée, courant les bras le long du
corps !!
Le trajet
jusqu’à la frontière se déroule sans encombre, bus local de beaucoup
d’autochtones, d’un scooter vaguement tenu par une cordelette qui tapote
régulièrement 5 grosses bouteilles de gaz, je reste sereine, au pire le bus n’a
pas de vitre, je serais donc vite éjectée !!
Pour le
retour sur Paksé, on se trouve un super covoiturage, c’est moins cher,
génial !! Une voiture 6-7 places, clim, sièges confortables, le luxe. On
est déjà 8 dans la voiture plus un bébé, pourquoi le chauffeur ne démarre
pas ?? Ah ok, en fait on attendait 2 personnes de plus, et c’est partie
pour 2h de route, à 11 personnes la clim est étrangement plus vraiment
efficace !!
Une fois
arrivées, mon excellent sens de l’orientation reprend le dessus, pour le plus
grand plaisir de Di et de ses chaussettes montantes en coton, on se perd et
marchons pendant plus d’une heure en plein cagnard, le regard de Di devient de
plus en plus agressif !!
On trouve finalement la guest-house miteuse, et après la
douche, je propose une petite balade. Bizarrement Di est moyennement emballée,
elle finit par céder mais à condition de trouver des vélos. Malheureusement pas
des bicyclettes à l’horizon, Di traîne la patte, seul moyen de lui remonter le
morale, une boutique de DVD, musique et série Thaï, me voilà replongée dans
l’adolescence mais version Lao !!
Le
lendemain, mes tentatives de distractions ont plus de succès, visite d’un
temple sur la montagne (je me fais racketter de 10 000 kips, mais c’est
pour Bouddha alors on dit rien !!), séance shopping et wahou un escalator
dans le marché !!!
On rentre les bras chargés de cadeaux, bien contentes de
retrouver le cocon de Dondet !!
Joyeux Moisiversaire au Laos.
Ah lala qu'est-ce que je ris en te lisant! mention spéciale pour "Di à la ville"!!!! bisous bisous
RépondreSupprimer