dimanche 13 janvier 2013

Joyeux moisiversaire



            Les travaux sont finis, contrairement à ce qu’on aurait pu croire le rendu n’est pas si mal ; si on fait abstraction des coulures, traces de doigts et des variations de rouge.
            On retrouve doucement le rythme lao, que j’avais gardé à l’esprit, manger, dormir, manger, boire, dormir. Mama Khone continue de nous gaver, je finis vraiment par croire qu’ils ont l’intention de nous manger !!
            Les premiers touristes arrivent, inaugure les bungalows, premières fuites, premiers problèmes de communication. On s’installe dans une petite routine, avec Sam, on joue à la marchande, on compte les billets, prend les commandes, on joue les traducteurs, enfin surtout Sam, parce que moi à part leur apprendre des « oulala », des « oh didondidon » et « paï pipi » (aller faire pipi), mes connaissances en lao sont limitées.
            Noël approchant, les Falang arrivent en masse, la guest-house reste à 90% française, et ça squatte, ça joue à la belotte, ça fait des blagues chauvines, ça évoque avec envie les bons petits plats français, le fromage étant évidemment à l’honneur. Toute la bande de squatteurs est cordialement conviée à la sauterie pour ado, organisée à la « ville » sur le continent. Et comme toujours on n’est pas déçus. Petite balade de nuit sur le Mékong , grosse scène, sons saturés, chanteurs et danseurs ringards, boxe Lao, de la bière et toujours cette curieuse manière d’aborder le dance floor : tous en piste main sur le nez (parce que piétiner à 200 personnes dans une rizières ça fait pas mal de poussière) et hop quand la musique s’arrête, tout le monde court à sa place pour retourner danser 2 secondes plus tard. Et évidemment la bière appelle l’incontournable pause pipi à la lao au milieu d’une rizière. Khone avertit par mes soins, que nos vessies sont pleines, tape gentiment sur l’épaule de sa copine, qui illico sort un sarong de son sac à main imitation cuir, on s’écarte alors de la foule (10M) et on se prête avec le sourire « le sarong pour faire pipi pudiquement en toutes circonstances ».

            Et ainsi de suite, les jours passent, je deviens adepte de l’observation de volailles en milieu naturel, et je m’aperçois avec horreur que mon visa expire dans deux jours, Quoi ??!!! Déjà 1 mois !!! Je ne me sens pas vraiment prête à quitter les lieux, j’opte donc pour la virée de deux jours vers Paksé et la Thaïlande pour remettre à jour mes papiers, j’en profiterais pour faire quelques achats pour remercier la famille de leur accueil si chaleureux.
            La veille du départ, Di (l’adolescente de la famille) m’avoue qu’elle aimerait bien m’accompagner. Je dis « bo peniang » (celui là je le maîtrise bien !!), persuadée qu’il s’agissait encore d’une blague. J’ai vite déchanté en la voyant monter dans le bateau avec moi, toute apprêtée : sarong neuf, chaussettes montantes, haut rose à dentelles et visage tout talqué (comprendre maquillé), bref prête pour la grande ville !! Après tout pourquoi pas, deux jours à la ville avec une ado qui a vu 3 voitures dans sa vie, ça peut être amusant !! Et en effet, les passages de rue se sont avérés très drôles, Di toute stressée, courant les bras le long du corps !!
            Le trajet jusqu’à la frontière se déroule sans encombre, bus local de beaucoup d’autochtones, d’un scooter vaguement tenu par une cordelette qui tapote régulièrement 5 grosses bouteilles de gaz, je reste sereine, au pire le bus n’a pas de vitre, je serais donc vite éjectée !!
            Pour le retour sur Paksé, on se trouve un super covoiturage, c’est moins cher, génial !! Une voiture 6-7 places, clim, sièges confortables, le luxe. On est déjà 8 dans la voiture plus un bébé, pourquoi le chauffeur ne démarre pas ?? Ah ok, en fait on attendait 2 personnes de plus, et c’est partie pour 2h de route, à 11 personnes la clim est étrangement plus vraiment efficace !!
            Une fois arrivées, mon excellent sens de l’orientation reprend le dessus, pour le plus grand plaisir de Di et de ses chaussettes montantes en coton, on se perd et marchons pendant plus d’une heure en plein cagnard, le regard de Di devient de plus en plus agressif !!
On trouve finalement la guest-house miteuse, et après la douche, je propose une petite balade. Bizarrement Di est moyennement emballée, elle finit par céder mais à condition de trouver des vélos. Malheureusement pas des bicyclettes à l’horizon, Di traîne la patte, seul moyen de lui remonter le morale, une boutique de DVD, musique et série Thaï, me voilà replongée dans l’adolescence mais version Lao !!
            Le lendemain, mes tentatives de distractions ont plus de succès, visite d’un temple sur la montagne (je me fais racketter de 10 000 kips, mais c’est pour Bouddha alors on dit rien !!), séance shopping et wahou un escalator dans le marché !!!
            On rentre les bras chargés de cadeaux, bien contentes de retrouver le cocon de Dondet !!  Joyeux Moisiversaire au Laos.

1 commentaire:

  1. ah ha haaaaa! Fantômaaas!!21 janvier 2013 à 09:50

    Ah lala qu'est-ce que je ris en te lisant! mention spéciale pour "Di à la ville"!!!! bisous bisous

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